Jurassic World : une arnaque ?

Tu te souviens Arthur Leblanc, petit lecteur ? Le créateur de la web-série Man Vs Dead, c’est ça ! À l’instar de son héros John Grizzly, c’est pas le genre de mecs avec qui on peut déconner impunément. Or en réalisant Jurassic World, Colin Trevorrow a dépassé les bornes. Arthur est de retour pour le démonter. Gibet et Jean-David sauront-ils faire barrage contre le carnage ?

Jurassic world lunécile

Arthur : Pour bien commencer, je voudrais parler des producteurs qui ont fait le pari le plus insensé de tous les temps, à savoir : sortir Jurassic World juste après Mad Max: Fury Road en pensant que les gens n’y verraient que du feu. Sortir un étron comme ça après Mad Max c’est un peu comme chier dans un bocal et aller vendre sa merde à côté d’une chocolaterie. Soit ils ont fait un pari gagnant et personne n’y a vu que du feu, soit les gens sont des putains de scatophiles et là, bombe atomique et destruction de la planète svp.

Gibet : Personne a dit que Jurassic World c’était du niveau de Fury Road !

Arthur : Il manquerait plus que ça ! Je veux dire : comment apprécier Jurassic World, mais en plus comment apprécier Jurassic World après Fury Road ?

Gibet : Je l’ai fait, et dans cet ordre. Mais j’avais pas du tout les mêmes attentes pour l’un et l’autre. Ne serait-ce que parce que tout le monde dit que Fury Road c’est génial alors que tout le monde dit que Jurassic World c’est pourrave.

Arthur : Ouais mais même quoi… franchement Jurassic World j’y suis allé en me disant que ça serait de la merde, et ça m’a surpris x 1000. Le film tu le subis tellement il est con, tu fais une commotion cérébrale et tout. Ce film rappelle les heures les plus sombres de notre histoire, cette époque des nanars post-Jurassic Park, genre Raptor, et même ces nanars étaient mieux que Jurassic World. Je veux bien que tu m’expliques en quoi t’as aimé parce que vraiment je comprends pas.

Gibet : Bin déjà, j’ai tellement entendu que c’était à chier par tous les pores (notamment par toi qui arrêtais pas de gueuler sur Facebook) que je m’attendais à un truc vraiment foireux et malhonnête et ça va quoi. Après faut se dire aussi que 1) à partir du moment où un blockbuster remplit sa fonction de spectacle sans trop me casser les couilles avec des trucs hors sujet je suis ok (bon là je me suis quand même pas mal ennuyé au démarrage on va être d’accord là-dessus tous les persos sont cons et antipathiques et pas drôles et donc l’exposition c’est super loooong), 2) je m’en tape un peu de Jurassic Park l’original – qui je le dis parce que je sais que je suis trop loin pour que tu me viennes me défoncer est bon mais pas non plus génialissime – donc j’entrais pas au ciné en mode « je vais vérifier que ces enculés respectent l’œuvre de Spielberg ». Moi j’ai vu un film honorable, qui pète pas plus haut que son cul, avec une certaine générosité dans le spectacle (je suis peut-être teubé mais ça me fait kiffer de voir des dinos volants qui attaquent la foule ou Chris Pratt en moto qui dirige une meute de raptors), et un grand respect pour le premier film. D’ailleurs j’ai l’impression que si le film pêche c’est parce qu’il respecte trop Jurassic Park, dans la forme et dans le fond. Les trucs les plus débiles du film, par exemple le fait que les dinos à la fin se liguent contre le super dino magique comme une famille c’est-à-dire comme si la famille c’était une structure tellement naturelle que non seulement tous les humains (même la tante working girl qui n’aime pas les enfants) mais aussi les dinos (putain) s’y plient spontanément face au danger, ça vient juste du fait que les mecs ils ont appliqué trop à la lettre le principe profond de Jurassic Park, qui est en gros : confronter un groupe d’hommes à la sauvagerie originelle pour leur rappeler que la Famille c’est indispensable. Si tu me crois pas retourne voir le 1, qui raconte comment le méchant Alan Grant se transforme dans le parc en bon petit papa. Mais bon les blockbusters en majorité ça raconte n’importe quoi (je pense pas ça de Fury Road t’inquiète !) alors si on s’arrête à ça on est condamnés à la mauvaise humeur à perpétuité. Moi j’ai fait le crétin et plutôt que chercher à pinailler j’ai reçu ça comme je l’aurais reçu gamin WAAAAH C TRO COOL DES DINOS QUI SE BAGARRE!!!

jurassic world lunécile

Jean-David : C’est marrant de s’engueuler pour un film comme celui-ci. À choisir je penserais plutôt comme Gibet, même si les arguments d’Arthur sont valables. Pour moi le film est tellement inégal qu’on peut retenir la déception ou l’honorabilité sans que l’une ou l’autre des positions soient illégitimes. La première partie du film, je dirais jusqu’un peu avant la baston vélociraptor against the beast, est plutôt nulle en fait. Ils utilisent les codes du genre de manière mécanique et presque blasée (on montre différentes parties du monstre avant de le montrer en entier par exemple). Du coup c’est pas super intéressant et on s’ennuie grave. Mais après ça change radicalement : les codes sont toujours utilisés mais de manière distanciée, ironique. En gros ça devient n’importe quoi et c’est cool. Là où on voyait un parc d’attraction bien huilé, comme dans la première partie du film, on plonge au milieu d’une partie de Counter Jurassic Strike qui joue avec le spectateur. J’ai bien aimé les petites références au statut du spectateur, quand le méchant monsieur militaire attrape un soda en regardant la baston sur ses écrans de contrôle ou quand la tantine ferme le volet du camion pour empêcher les garçons de regarder, advertising scene. Couplé avec les informations des capteurs sur l’écran, on tombe vraiment dans le jeu vidéo et la question de la représentation. À partir de ce moment, ils peuvent se permettre d’envoyer un gros dinosaure contre un autre pour finir par en convoquer un troisième, ça passe, c’est fun. Et le traitement super classique lié à la famille (une famille idéale menacée par le « divorce » va se réunir, plus forte que jamais), comme l’a montré Gibet, finit par être teinté d’ironie. En tout cas c’est comme ça que je préfère le voir. J’trouve aussi que l’image finale est un hommage sympa. Tonton Spielby reste le roi. On s’est juste un peu éclaté en ressassant les bons souvenirs. Pas question de détrôner papa.

Gibet : Putain ouais t’as tout à fait raison pour le côté blasé. Toute la présentation du parc et des personnages on a l’impression qu’ils se sont forcés à l’écrire à la filmer à la jouer. C’est vraiment du film en pilote automatique, ils auraient généré le truc aléatoirement par ordi on aurait pas fait la différence. Par contre j’ai pas vu la moindre once d’ironie dans le film, et surtout pas sur l’aspect moral-familial. Je crois que là aussi c’est en mode blasé de on le fait parce qu’il faut le faire ça partie de la série. C’est peut-être là qu’est la légitimité de gueuler (puisque tu te posais la question), Arthur Jurassic Park ça lui tient à cœur, et du coup voir traiter tout ça par dessus la jambe ça le sidère. Et moi ça m’est égal alors ça m’est égal.

Jean-David : Ah mais oui, si c’est pris au sérieux c’est plutôt tout pourri ! on est d’accord.

Gibet : Bin après je trouve que dans la deuxième partie le ratio de débilité et de spectaculaire est suffisamment équilibré pour que je retienne le spectaculaire.

Arthur : Je suis pas du tout un fan de Jurassic Park, j’aime beaucoup hein mais j’étais pas du tout contre l’idée d’une nouvelle série de films. Déjà on est tous d’accord pour dire que ça égale pas Jurassic Park 1. Pour le côté familial tout ça, je suis assez ok, mais dans Jurassic Park 1 (et 2) : c’était bien filmé ! C’était cohérent, c’était généreux. Là les trois quarts du film se passent dans la fameuse salle de contrôle de direct-to-dvd NRJ 12. Toutes les pointes de sérieux sont directement niquées par un humour de maternelle. Le film pue le feel-good movie pour lycéens. Des fois, l’humour et les situations sont tellement ras du sol qu’on dirait presque Juno. Et dans les deux premiers Jurassic Park, tu flirtais de manière (hyper naïve ok) avec la fable écolo. Là dans Jurassic World, ils sont juste hyper cyniques et à côté de la plaque. Au lieu de nous émerveiller devant des dinos, on part à la chasse au pauvre dinosaure qui a rien demandé à personne. C’est une créature de laboratoire, l’empathie aurait dû être envers elle. Autre point qui me fait penser que c’est un film malhonnête, c’est qu’il emprunte beaucoup aux Marineland dans son esthétique et il sort en pleine période où les Américains ont décidé de boycotter les Marineland à cause de la maltraitance animale. Y a une vraie prise de conscience aux États-Unis et au lieu de se positionner là-dessus et d’utiliser ça de manière intelligente, le film nous sort le personnage du patron qui demande si ses animaux vont bien… J’y voyais presque une publicité déguisée. Et en terme de spectacle, bah comme vous l’avez dit, les références au premier Jurassic Park c’est même plus des références à ce niveau-là, on est presque dans le remake tellement le film copie-colle les scènes cultes de Jurassic Park 1.

Jean-David : Ah bah oui c’est pas fin fin et pas vraiment intelligent. Et pour le côté remake je suis plutôt d’accord. Mais ça a l’air d’être assumé étant donnée cette image finale. Personnellement je préfère y voir un côté parodique, mais on sait tous qu’une parodie qui n’a pas conscience qu’elle en est une est le pire truc qui soit. Le renversement des valeurs ne prend pas et ça devient un truc immonde, comme tu le décris. J’imagine que le film est un peu de tout ça, ce qui le rend inégal et ambigu. Finalement la question c’est de savoir si on s’amuse en se faisant avoir ou si on s’amuse de concert.

Arthur : C’est vrai… Mais justement, ce film est pas du tout divertissant quoi, il est chiant comme la mort. J’avais envie de me barrer de la séance mais bon c’était ma copine qui m’avait payé la place.

Jean-David : Là j’suis pas d’accord ; il est chiant un moment mais pour le reste, voir des dinosaures se foutre sur la gueule ça reste divertissant.

Arthur : Si tu parles de ce combat de fin… moi ça me met mal à l’aise. Ce raptor héroïque à la fin, c’est pas possible.

Jean-David : Moi ça m’a fait marrer.

Arthur : Ouais, c’est ton cerveau qui fait de l’auto-défense pour échapper à l’AVC tellement le film est con. Après, je veux bien avouer que je serais pas aussi sévère avec le film s’il avait pas déchiré le box-office. Le voir péter tous les records, ça fait mal quand même.

Jean-David : C’est l’effet Tonton Spielby ça !

Gibet : Je trouve que Jurassic World est super généreux au contraire de ce que tu dis, Arthur, et c’est pour ça qu’il m’a fait plaisir. Déjà les scènes de salle de contrôle-labo c’est un passage obligé de la saga et Allah sait qu’il y en a énormément dans le premier aussi. En plus il me semble, pour avoir revu le premier genre une semaine avant Jurassic World, que si on fait une étude proportionnelle je sais pas quoi c’est Jurassic World qui gagne, c’est Jurassic Word qui offre le plus de scènes spectaculaires. Après t’as peut-être cette impression parce que les séquences d’action dans Jurassic Park sont bien ancrées, dans les persos, dans l’espace, et du coup sont plus intenses. Mais en vrai les gars de Jurassic World ils ont vraiment déchaîné le truc, t’as une plus grande variété de dinos, une plus grande variété de décors, une plus grande variété de situations (scènes d’opposition homme-dino comme dans le premier mais aussi scènes de guerre, scènes de foules, scènes entre dinos), tellement même que ça devient vraiment n’importe quoi par moments (ce qui me dérange pas à vrai dire, tant que ça reste ludique).

Pour ce qui est du « bien filmé », j’aimerais bien que tu développes, parce qu’on est tous d’accord pour dire que le film est très (trop) respectueux du premier, et que de fait il pompe tout sur lui, jusque dans la mise en scène. Donc : si tu dis que Jurassic World c’est mal filmé, tu sous-entends que Jurassic Park c’est mal filmé. Ou alors tu veux dire que c’est du travail impersonnel de yes man couillon vraiment pas inspiré ? Il n’empêche que quand tu mates le film en faisant l’effort de t’impliquer l’effet immédiat est le même. Par exemple, pour la reprise des thèmes musicaux, tu peux te dire putain les enculés pas capables d’inventer un nouveau truc, mais en même temps ces thèmes musicaux, ils sont efficaces quoi. Peu importe que ce soit du copier-coller, dans l’instant où tu les reçois ça marche. Je signale au passage qu’il y a une petite idée de mise en scène assez plaisante qui est dans ce film et pas dans les précédents : il y a un nombre considérable de plans sur les mains de Chris Pratt, parce que voilà c’est l’homme de la nature c’est le manuel, par opposition à la boss fake qui n’est en contact qu’avec des chiffres, tout ça. C’est un peu littéral dit comme ça, mais j’ai trouvé ça malin pour caractériser visuellement le perso, pour le matérialiser.

Ce que tu dis sur l’empathie qu’on devrait avoir envers le super dino magique, c’est intéressant, mais je pense que c’est un peu contraire à l’esprit de la saga et un peu réducteur sur la façon dont ils nous présentent le truc. Contraire à l’esprit parce que tous les dinos c’est des créatures de labo et que dans aucun des films je crois on nous a incités à avoir de l’empathie pour les dinos prédateurs (par contre à chaque fois y a des scènes d’empathie envers les dinos herbivores). D’ailleurs on retrouve des scènes typiquement naïvo-écolos, comme quand la boss cynique se retrouve confrontée pour la première fois à la réalité de sa création, avec le dino mourant. Chris Pratt au contraire incarne le côté « la nature est incontrôlable il faut la respecter et pas déconner avec » et on lui donne raison… jusqu’à la scène de baston entre les dinos, puisque les raptors semblent définitivement domestiqués (mais là c’est parce qu’il y a conflit entre l’aspect écolo et l’aspect familial). Réducteur parce que je crois que tous les Jurassic Park jouent à nous mettre parfois furtivement mais parfois pendant des séquences entières du côté des dinos prédateurs. Les raptors, le T-Rex, le super dino magique sont présentés de telle sorte que comme tu dis on est avec les humains contre eux mais aussi pas comme tu dis qu’on prenne plaisir à les voir déployer leurs aptitudes et à être plus malins et plus forts que les humains. Là t’as ça dans la découverte progressive des capacités incroyables du super dino magique, qui est super intelligent, peut prendre la tête de la meute des raptors en un clin d’œil, peut devenir invisible (parce qu’il a de l’ADN de seiche !!!! excellent ça non ?)… C’est comme dans à peu près tout film de monstre : à la fois le monstre suscite la peur le dégoût etc et le monstre déclenche le plaisir parce qu’il suit des pulsions pas régulées qu’il s’en bat les couilles des règles humaines etc.

Enfin, pas du tout d’accord avec la comparaison avec Juno : n’importe quelle blague de Juno c’est beaucoup plus drôle que n’importe quelle blague de Jurassic World (et pourtant ça me fait pas trop marrer Juno). C’est vrai que les tentatives d’humour sont ultra-paresseuses (c’était vraiment pas le cas dans le 1) et que ça fait défaut. Je pense que c’est parce que c’est forcé. Mais y a de ça dans un peu tous les blockbusters ces dernières années, on sait que la coolitude c’est primordial alors on met des blagues même si fondamentalement on a pas envie. Genre l’humour dans les Star Trek de J. J. Abrams qu’est-ce que c’est pourri. Et le dernier Avengers

jurassic world lunécile

Arthur : Jurassic World généreux ? Alors, sur ce point, mais JUSTE NON ! Ok y a peut-être plus de scènes de dino, mais c’est pas la quantité qui fait la qualité. Dans les deux Spielberg, t’avais une tension et chaque seconde de ses films est devenue culte ! Dans Jurassic World, y a rien car tout est désamorcé avec de l’humour, y a pas d’enjeux, on s’en fout des personnages, etc. Les effets spéciaux sont peut-être beaux, mais en terme de mise en scène, au secours les codes de série Z ! Le mec fait du hors-champ avec des dinos qui font 20 mètres de haut ! Tout est archi découpé, c’est dégueulasse, on dirait pas du cinéma quoi. Dans Jurassic Park 1, quand t’as le T-Rex qui sort de son enclos, t’as des beaux plans larges, tu le vois se mouvoir comme une vraie bête, il est là, il flaire la bagnole comme un animal. Alors que le Méga-T-Rex je sais pas quoi C’EST RAMBO PUTAIN ! Il fonce tête baissée comme un bourrin et jamais t’as l’impression que c’est une créature crédible car elle a pas un comportement crédible (comme tous les dinos du film d’ailleurs). Jurassic Park 1 prenait des codes du film d’horreur, Jurassic World il prend les codes de n’importe quel feel-good movie américain et il mixe ça avec de la sous-série Z, c’est indigeste ! Et concernant la musique, je trouve ça racoleur de la mettre toute les 5 minutes, comme c’est racoleur de faire 35 clins d’œils au premier film toute les secondes. À force de fan service, ils oublient de faire un vrai film et ça fait un produit impersonnel au possible. Pour les mains de Chris Pratt, j’ai pas fait gaffe mais ça ne sauve pas la purge de la noyade. Pour la salle de contrôle, dans Jurassic Park, on avait un vrai casting dedans, pas des sous-acteurs hype pour connards, avec des blagues pour gamins de 8 ans. Peine de mort pour ce personnage du mec pas drôle là avec ces figurines ! Si le film était vraiment généreux n’importe nawak ça serait un survival de 2 heures qui s’assume sans temps mort, avec de la putain de violence, les mecs qui tombent comme des mouches, et osef du scénar.

Tu prends Terminator 4 de McG, c ‘est pas un chef-d’oeuvre hein, mais là le mec il prend la franchise, se l’approprie pour faire de l’inédit, quitte à se mettre à dos les puristes, et il fait une espèce de TerminatorMad Max. Je trouve ça énorme ce genre de mecs qui ont peur de rien ! C’est de la bonne démarche je trouve alors que Jurassic World sa seule ambition c’est de faire des clins d’œil à Jurassic Park 1… C’est fou que ça marche, aujourd’hui tu peux lancer un projet juste sur la nostalgie des gens ! C’était comme Metal Gear Solid 4 à l’époque, qui se voulait une suite de Metal Gear Solid 2 (qui ne devait pas avoir de suite à la base). Le jeu était un fourre-tout de personnages, de lieux et clins d’œils à la série, et pourtant il a cartonné auprès des « fans ». J’ai pleuré de haine et de tristesse en faisant ce jeu. Et je vais même me faire l’avocat du diable et parler un peu de la prélogie Star Wars, parce que c’est de bon ton de descendre la prélogie (et à raison) MAIS AU MOINS elle avait pour elle d’aller dans une direction et une structure opposée à la trilogie originale, avec un nouvel univers graphique, des nouveaux enjeux, des nouveaux effets spéciaux et même de faire dans l’anti-fan service absolu (les midichloriens putain). Quand je vois que Star Wars 7 est tourné en pellicule (coucou les hipsters) et a l’air de jouer À FOND la carte du fan service et de tout repomper à la trilogie originale… Y a plus de créativité ni de bon sens, c’est abusé. Je dis pas que le fan service c’est mal hein, mais aujourd’hui, cette volonté de vouloir à tout prix être complice du spectateur en lui faisant des clins d’œils (complètement obvious) pour que Kevin 12 ans fan de Call of Duty puisse se sentir geek et se la péter à la cour de récré non merci. Jurassic World, il vandalise notre culture populaire, c’est tout.

Concernant l’empathie… Bah si, clairement, avant on avait de l’empathie envers les dinos prédateurs ! À la fin du 2, qui est très dans le respect de l’animal et tout, quand le T-Rex est en ville, tout l’enjeu c’est de pas le tuer justement ! C’est juste un pauvre T-Rex qui a rien à foutre en ville. Pour moi, on aurait clairement dû avoir de l’empathie envers le MégaT-Rex de Jurassic World comme face à la créature de Frankenstein. Je rajoute que si le film avait eu un peu d’audace, il aurait pu balancer un p’tit sous-texte sur l’expérimentation animale. Avec les raptors on touche le fond je trouve. Vraiment le film n’a aucun recul ou regard sur ce qu’il aborde comme thème, c’est grave. Montrer des dinos domestiqués et te parler de respect mutuel et montrer ça comme une bonne chose (alors que IRL animaux sauvages dressés = violence) c’est n’importe quoi. Sinon, le MégaT-Rex, je trouve ça raté, il ressemble à rien, ses capacités liées à son ADN ça aurait pu être intéressant mais c’est paresseux. Ou alors quitte à vouloir aller dans le film de monstres, bah ils auraient dû en faire un VRAI monstre vraiment dégueulasse qui peut muer ou des trucs comme ça et là tu peux taper dans du Cronemberg pour les métamorphoses. Là non, c’est juste un T-Rex qui a pas la même couleur et voilà !

Pour l’humour ouais c’est sûr qu’aujourd’hui on est pas gâtés mon dieu. Mais Jurassic World, c’est le niveau maternelle, y a des moments j’étais mal à l’aise, encore plus que devant Amazing Spiderman 2 c’est dire ! D’ailleurs, petit point de rapprochement à faire entre Amazing Spiderman (1 et 2) et Jurassic World qui sont je trouve parmi les pires blockbusters que j’aie vu de ma vie. Et les réalisateurs sont tous les deux d’anciens pseudo-cinéastes qui font des pseudo-films indépendants. Saloperie, qu’on brûle Sundance au napalm please !

Jean-David : Ce que je retiens de ce que tu as dit c’est : « A force de fan service, ils oublient de faire un vrai film ». Je trouve que c’est un des reproches légitimes qu’on peut formuler, c’est clair que les ambitions de départ n’étaient pas comparables à celles des premiers Jurassic. Pour le succès du film, ça m’étonne que ça t’étonne par contre. C’est le principe d’un blockbuster, ça fonctionne à chaque fois. Il y a tous les ingrédients pour qu’il se vende bien. Le fait que les gens aiment ou non le film en fin de compte n’a que peu d’impact.

Arthur : Ouais mais là il a un beau succès d’estime ce Jurassic World.

Gibet : Tu rigoles ? Où ça le succès d’estime ? Moi j’ai vu presque uniquement des avis négatifs et même extrêmement négatifs.

Arthur : Ah ouais ? Tu me rassures. Parce que je vois beaucoup d’avis positifs moi !

Gibet : L’avis le plus positif que j’aie vu sur le film c’est la vidéo du Joueur du Grenier sur le film, et c’est quand même un avis super mitigé. Ils disent qu’ils ont bien aimé la première partie et que c’est le meilleur Jurassic depuis le premier. Sinon je suis tombé que sur des trucs qui enchaînaient le film sur tous les aspects, c’est moche, c’est con, c’est sexiste etc. Moi je trouve que ce qui résume le mieux notre mésentente c’est : « C’est pas la quantité qui fait la qualité ». Moi j’ai kiffé l’abondance, et toi t’as été navré par le fait que cette abondance était ancrée dans rien du tout, pas de perso, pas de situation, pas d’espace etc. Par contre tu fantasmes un peu trop quand tu dis : « Si c’etait vraiment généreux n’importe nawak ça serait un survival de 2 heures sans temps mort qui s’assume avec de la putain de violence, les mecs qui tombent comme des mouches et tout et osef du scénar ». À vrai dire moi ça me déplairait pas de voir le film dont tu parles, mais c’est pas du tout ce à quoi je m’attends quand je vais voir Jurassic World, parce que la saga c’est pas ça. Y a toujours au moins un long pan d’exposition, donc de pur scénar, et ensuite le survival commence, mais avec temps morts et jamais trop de violence. C’est la même chose quand tu réclames un dino mutant dégueu à la Cronenberg. Ce serait super, mais jamais il pourrait y avoir ça dans un Jurassic Park, c’est une saga familiale ! Pour la question de l’empathie, je parlais du 1 (dans lequel y a vraiment pas d’empathie pour les prédateurs), je me souviens pas du 2. Mais je te crois sur parole, d’autant plus que les codes du genre « monstre dans la ville » implique qu’il y ait de l’empathie pour le monstre au bout d’un moment. Sinon je vois moins de blockbusters que toi mais je dirais que le pire que j’aie vu ces derniers temps c’est Avengers 2, qui m’a fait jurer, tellement j’avais l’impression de voir la machine arriver à saturation, de ne plus jamais mater un Marvel.

Arthur : C’est vrai qu’Avengers 2, on peut même pas appeler ça un film tellement c’est navrant. Je fantasme peut-être sur mon survival de 2 heures mais ma foi, je demande que ça qu’un réal prenne Jurassic Park et fasse autre chose justement, enmène Jurassic Park vers de l’inédit

Gibet : Ouais mais, le survival de ouf, je pense pas que ce soit probable économiquement parlant qu’il y ait des producteurs (surtout en ce moment) qui misent là-dessus. Après, t’as qu’à créer une nouvelle franchise sur les dinos !

Arthur : Je me rappelle quand le film avait été annoncé avec le titre Jurassic World mais bordel, avec des amis, on fantasmait sur un monde post-apo où les dinos de Jurassic Park se seraient répandus sur la terre et tout. Mad Max avec des T-Rex quoi ! Mais en fait non.

Gibet : Ouais ok, je comprends mieux ton point de vue. En fait ce qui te saoule c’est qu’il y a toutes ces possibilités là et que eux se contentent de refaire le 1 en moins bien parce que c’est plus confort. Après, peut-être qu’on va plus s’approcher de ce que tu dis pour la suite – parce que je pense pas qu’ils vont pouvoir faire comme si de rien n’était dans Jurassic World 2 et rerefaire Jurassic Park. Si je me souviens bien, le méchant a volé des embryons de raptors non ? Peut-être ça va dégénérer…

Arthur : À voir pour la suite, si y’aura prise de risque.

raptor motocycle lunécile

Jean-David : Et sinon, vous pensez pas que Jurassic World ça raconte un peu l’irruption du réel au sein d’un environnement façonné par le virtuel ?

Si tu veux plus de dinos, notre cher Corbillot avait pour toi revu les trois premiers Jurassic Park – ici et .

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Le Monde Perdu – Jurassic Park / Jurassic Park III

Le Monde Perdu – Jurassic Park : Quatre ans après le terrible fiasco de son Jurassic Park, le milliardaire John Hammond rappelle le Dr Ian Malcolm pour l’informer de son nouveau projet. Sur une île déserte, voisine du parc, vivent en liberté des centaines de dinosaures de toutes tailles et de toutes espèces. Ce sont des descendants des animaux clônes en laboratoire. D’abord réticent, Ian se décide à rejoindre le docteur quand il apprend que sa fiancée fait partie de l’expédition scientifique. Il ignore qu’une autre expédition qui n’a pas les mêmes buts est également en route.

Jurassic Park III : Huit ans après les événements surréalistes survenus lors de sa visite au Jurassic Park du richissime John Hammond, le paléontologue Alan Grant se rappelle toujours de sa rencontre, d’abord magique puis effroyable, avec ces dinosaures ramenés à la vie grâce aux incroyables progrès de la génétique. À l’origine, ces créatures de la Préhistoire n’étaient pas censées se reproduire ni survivre, mais elles ont déjoué les plans des scientifiques. Elles sont probablement toujours en vie sur l’île Isla Sorna.Alan étudie l’intelligence des vélociraptors. Cependant, il manque de subventions pour financer ses recherches. Paul Kirby et sa femme Amanda, un couple richissime, lui proposent alors une grosse somme d’argent s’il leur fait survoler la fameuse île. Alan accepte leur offre. Mais celui-ci flaire une entourloupe lorsque le pilote amorce sa descente sur l’île. Il découvre alors les vraies raisons de l’excursion organisée par les Kirby : sauver Eric, leur fils disparu dans les environs. Ces derniers avaient besoin de son aide, car il est le seul à connaître l’île et ses mystérieux occupants. Cependant, au moment où l’avion s’apprête à redécoller, un spinosaure tente de piétiner l’appareil…

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, deux critiques pour le prix d’une ! Quelques jours après avoir parlé du premier volet de la franchise Jurassic Park à l’occasion de sa ressortie en 3D, je vais maintenant m’attarder sur les deux petits frères qui ont suivi. Je souhaite effectivement les présenter ensemble car il n’y a, à mon avis, pas matière, et pas mérite à les distinguer particulièrement (bon et aussi un peu de flemme de ma part). En effet, Le Monde Perdu et Jurassic Park III s’ajoutent à mon sens à l’interminable liste des suites dont on se serait bien passé.

Pourtant, à première vue, tout semblait fait et bien préparé pour que l’aventure Jurassic Parkse poursuive. Il y a évidemment eu le succès commercial que l’on connaît qui a été un argument de poids, prouvant ainsi que les maisons de production n’avaient pas plus d’imagination et de courage dans les années 90 qu’elles n’en ont aujourd’hui, mais aussi le cœur même de l’histoire, qui, en laissant en suspens une île remplie de dinosaures permettait toutes les suites possibles et imaginables. C’est ainsi que Steven Spielberg, déjà réalisateur du premier volet, et tenu par une obligation contractuelle, a repris du service pour Le Monde Perdu en 1997 et que Joe Johnston a pris sa suite en 2001 pour Jurassic Park III. L’objet de cet article est de démontrer, dans une perspective comparative avec le premier film, que ces suites n’ont fait que ternir l’image de la franchise.

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Décadence visuelle

À sa sortie, Jurassic Park avait littéralement renversé le public avec ses jump scares bougrement efficaces et le réalisme saisissant, pour l’époque, de ses dinosaures. Pour le spectateur de 1993, voir un Tyrannosaure sortir ainsi de sa forêt et bouffer tout sur son passage a dû être une expérience particulièrement saisissante, de l’ordre de celle offerte parStar Wars en son temps, c’est dire. Or, cet effet de surprise est déjà passé en 1997 lors de la sortie du Monde Perdu, ce qui, évidemment, rend ces chers dinosaures bien moins effrayants qu’ils ne l’étaient à l’époque. Et donc, sans grandes nouvelles idées, sans un véritable renouvellement, l’impression de déjà-vu s’installe et lasse le spectateur, qui pourra tout de même se délecter à la fin du Monde Perdu de voir un T-Rex se balader (le terme le plus exact serait défoncer) dans la ville de San Diego. Mais, au-delà de la redondance, les deux films dont il est question aujourd’hui présentent paradoxalement des esthétiques et des effets beaucoup moins aboutis que leur illustre prédécesseur, avec des budgets pourtant quasiment doubles, et l’avantage de disposer de moyens techniques supérieurs. On peut véritablement parler de descente aux enfers puisque si la patte de Spielberg sauve les apparences dans Le Monde Perdu (et encore), Jurassic Park III est de loin le pire en exhibant sans vergogne sa laideur numérique. On pourrait trouver ce jugement de 2013 un peu dur par rapport à des films qui ont plus de 10 ans, mais il n’est que le triste constat de la comparaison accablante avec le premier film.

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L’âme perdue

Le seul moyen de rendre une saga cohérente et attrayante sur plusieurs films c’est de respecter les postulats installés par le premier. Or, le premier Jurassic Park proposait une expérience amusante, proche de celle que l’on vit dans un train fantôme : un rythme très soutenu, des rebondissements multiples et malignement insérés aux bons moments, un montage dynamique, des situations funs et ludiques, bref, le bon blockbuster qui permet de passer un très bon moment. Et malheureusement, Le Monde Perdu, c’est tout l’inverse. Ce sont des séquences d’action littéralement interminables qui finissent par agacer tant elles en deviennent ridicules, des twists qui font plouf, une rupture de cet esprit fun avec des enjeux tirés par les cheveux, une moralisation omniprésente : tout ceci  plombe un film par ailleurs interminable… On en oublierait presque qu’on est devant un travail de Spielberg, un de ses plus mauvais, sans doute. Le réalisateur américain effectue ici un service minimum, avec deux ou trois bonnes idées, mais on sent qu’il n’en a clairement rien à battre. Pour Jurassic Park III, c’est un peu différent car on perçoit que Joe Johnston essaye tant bien que mal de renouer avec l’esprit original du premier volet. Mais, cette fois-ci, si le côté amusant est de retour par moments, c’est malgré tout le scénario faiblard qui prend le dessus en voulant à tout prix mettre des personnages ectoplasmiques dont on se fout éperdument dans les pires situations possibles, rejoignant ainsi les errements du Monde Perdu. L’écueil de ces deux films réside dans la recherche à tout prix de l’impressionnant au détriment de la surprise.

Mais la perte d’identité ne se vérifie pas que sur ce terrain. Force est de reconnaître que les personnages qui avaient fait une grande partie du charme du premier ont perdu leur attrait, que ce soit Jeff Goldblum dans Le Monde Perdu ou Sam Neil dans Jurassic Park III. Pour Jeff Goldblum, on avait quitté dans Jurassic Park un mathématicien charismatique, échevelé, dragueur, cynique, égocentrique pour retrouver dans Le Monde Perdu une sorte de froussard Papa-Poule plein de bons sentiments. Je n’ai toujours pas compris le pourquoi du comment. C’est l’autre larron, Sam Neil, que l’on retrouve dans Jurassic Park III, et il n’a pas l’air plus convaincu que le spectateur de la qualité du film qu’il est censé défendre. Il semble juste là pour que quelqu’un puisse s’écrier « Eh c’est le mec du premier film ! ». On n’aura rarement vu un héros aussi peu déterminant dans les moments-clés de l’intrigue.

En se trompant d’objectif et en faisant confiance à des scénarios mal ficelés, Le Monde Perduet Jurassic Park III font pâle figure aux côtés de leur célèbre ancêtre. Et, alors qu’un quatrième volet s’annonce, on peut toujours espérer que l’esprit du premier film ressurgisse, pour peu que les nouvelles techniques soient capables de nous offrir une nouvelle expérience et qu’on essaye enfin de nous faire sursauter, ou de nous faire rire.

Jurassic Park 3D

Ne pas réveiller le chat qui dort. C’est ce que le milliardaire Hammond aurait dû se rappeler avant de se lancer dans le «clonage» de dinosaures. C’est à partir d’une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire naître une dizaine de dinosaures. Il s’apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Elie à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c’était compter sans la cupidité et la malveillance de l’informaticien Dennis Nedry.

« La 3D, c’est un effet cheap qui permet aux distributeurs de faire payer les entrées plus chères aux spectateurs ». Cet adage, que je viens d’inventer de toute pièce, s’applique à beaucoup de films sortis ces dernières années. On pensera notamment à la saga Star Wars, qui a ressorti l’an passé l’Episode I, La Menace Fantôme, en relief, histoire de tirer un peu plus sur cet interminable chewing-gum. Bien sûr, la 3D connaît ses exceptions : on pensera à Avatar, tourné en 3D et qui remplit le contrat de « l’immersion » annoncée, ou encore plus récemment L’Odyssée de Pi, film multi-récompensé pour sa qualité technique, et il y aurait fort à parier que sa 3D n’y est pas étrangère.

Alors, forcément, à l’annonce de la ressortie de Jurassic Park en 3D, surgit la crainte de voir une autre franchise culte de blockbusters prise dans le terrible effet Star Wars.

Ainsi, vingt ans après sa sortie sur nos écrans, le film de Steven Spielberg connaîtra à partir du 1er mai une seconde vie au cinéma, en 3D. J’ai eu la chance d’assister à une projection privée cette semaine pour Lunécile. Voici, dans les grandes lignes, les points forts et les points faibles de l’aventure vue en relief.

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Une aventure remasterisée

Plus que la 3D, c’est surtout la qualité de l’image qui surprend de prime abord. Vous, comme tout le monde d’ailleurs, avez probablement un souvenir ému de l’image de Jurassic Park à travers votre VHS utilisée à peu près 57 fois. Or, par rapport à la première version Bluray (qui met déjà une mine à votre VHS) sortie il y a quelques années, le film a bénéficié d’un nouveau lifting qui ravive les couleurs, renforce la profondeur de champ et accentue la minutie des décors. Les 700 et quelques techniciens qui ont travaillé sur cette nouvelle version (et qui avaient déjà œuvré sur Titanic 3D) ont donc réalisé un travail assez exceptionnel qui permet au spectateur de redécouvrir un film qu’il pensait sans doute un peu kitsch.

À cette rénovation visuelle s’ajoute des effets sonores renforcés et purifiés qui rendent la sensation d’immersion plus spectaculaire encore.

Quid de la 3D ?

Un premier plaisir résidait donc pour moi dans le lifting visuel dont a bénéficié le film. Quant à la 3D, le bilan est plus mitigé. Même si l’on comprend que le film, par essence, avait tout pour s’enjoliver avec une conversion, celle-ci n’est pas absolument irréprochable. Loin d’être insupportablement épileptique comme pouvait l’être la 3D des époques sombres (genre Le Choc des Titans), elle n’est en revanche pas toujours très utile et on l’oublie finalement assez vite. En revanche, sur les quelques jump scares et les quelques plans larges que propose Jurassic Park, elle prend tout son sens en accentuant la tension et la dimension graphique des créatures. Autrement dit, pour cette nouvelle version, c’est la remasterisation, plus qu’un 3D se manifestant surtout comme un gadget amusant, qui marque le spectateur et justifie la ressortie du film.

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Une attraction dans l’attraction

Jurassic Park, au-delà de son action-aventure merveilleusement bien réalisée (Spielberg oblige, faut pas déconner), est surtout très ludique pour le spectateur. Comprenons-nous : les personnages évoluent dans un parc d’attraction en puissance qui permettra à ses visiteurs de voir de vrais dinosaures génétiquement recréés. Or, le film nous place dans ce statut de visiteur de parc d’attraction qui s’attend à être surpris, émerveillé, époustouflé. En ce sens, Jurassic Park agit comme un « train fantôme », pour reprendre l’expression bien trouvée de mon cher coloc’, en nous baladant dans ce parc et en maintenant un suspense constant : d’où va sortir la prochaine gueule de dinosaure qui va nous faire hurler ?

C’est ce qui confère à Jurassic Park, qu’on a plaisir à retrouver dans son nouvel apparat, un statut de film culte pour les grands enfants. Autrement dit, à moins d’être un très grand enfant, ou un très grand fan de Steven Spielberg, il y a peu de chances que vous soyez intéressés par cette nouvelle aventure de Jurassic Park. Parce que vous l’avez déjà vu et parce que, comme beaucoup de gens, vous aurez du mal à sortir dix boules juste pour le voir en 3D. Mais pensez quand même au pouvoir spectaculaire de l’alliage de la salle de cinéma et du train fantôme, deux des plus puissants aphrodisiaques et entremetteurs qui existent.