12 Days of Christmas #8 – Secret Santa : Sunday at the Village Vanguard, Bill Evans Trio

Par décret du prisme lunaire, chaque membre de la rédaction s’est vu assigné un autre membre de la rédaction avec la mission suivante : choisir, parmi les œuvres (film, série, album, bouquin, etc.) qu’il aime à ressasser en période de Noël, une œuvre qui pourrait plaire à cet autre membre. Le Père Noël Mystère du jour est tombé sur Lune, et il a choisi pour elle l’album jazz Sunday at the Village Vanguard du Bill Evans Trio.

Gibet : Est-ce que tu étais contente d’avoir ça dans ta chaussette ?

Lune : Ben je savais pas du tout ce que c’était Sunday at the Village Vanguard, ni Bill Evans Trio, donc j’avais pas d’a priori dessus. De la curiosité juste.

Gibet : Et finalement t’as aimé ou pas ?

Lune : Ben je me suis dit qu’il y allait avoir un problème quand j’ai vu que c’était du jazz. Je suis pas du tout éclairée sur le jazz, je m’y connais à peu près autant qu’en physique quantique (je sais c’est quoi le chat de Schrödinger et qu’il est mort et pas mort tant qu’on a pas ouvert la boîte quoi). J’aime que quand c’est très énergique et qu’on sent que les musiciens s’amusent, et encore c’est une impression générale parce que j’ai pas de souvenir précis d’un air de jazz que j’aurais aimé. Du coup vu que c’est pas le délire de cet album je décrochais, c’est rapidement devenu une musique de fond. J’arrive qu’à retenir qu’il y avait des petites notes de pianos sans cohérence apparente et du coup impossible de me concentrer et de ressentir quelque chose. Donc ouais, j’ai pas aimé mais j’ai pas non plus détesté, ça m’est passé au-dessus (oupsi).

Gibet : Invitons ton Santa pour essayer que ça te passe dedans.

JEAN PALUDES !!!

Gibet : On dirait que tu as mal visé, Lune n’aime pas le jazz ! Ptêt explique-nous ton choix ?

Paludes : Expliquer mon choix, c’est simple. C’est un bel album je trouve, mais avec le temps, je l’aime surtout pour la section rythmique (contrebasse batterie, vraiment original pour l’époque car beaucoup moins enfermé dans « la basse joue les notes de l’harmonie pendant que ça brode au-dessus ») que pour le jeu de Bill Evans (que j’aime beaucoup au demeurant !). C’est tout. On peut l’apprécier pour ce qu’il est, et peut-être aussi parce le jeu de Bill Evans peut rappeler des compositeurs impressionnistes (Debussy), comme si ça faisait passerelle entre deux univers (j’espère que si des fans de Bill Evans ou de jazz me corrigeront si je dis des énormités). Bon, t’as pas aimé donc je me permets juste quelques précisions ! Le Village Vanguard est un club de jazz célèbre à New York (et toujours en activité je crois) et Bill Evans s’y est produit avec son trio (Scott Lafaro à la contrebasse et Paul Motian à la batterie). Ils jouent principalement des standards (le jazz est composé de pleins de morceaux ou de thèmes qu’il s’agit de se réapproprier et improviser dessus ; le jazz étant une musique improvisée, avoir un fond commun permet de pouvoir taper le bœuf avec n’importe qui). Là aussi c’est beaucoup d’improvisations donc je comprends que ça puisse paraître décousu. Je pense que la spécificité des albums de jazz, c’est qu’on enregistre avant tout des musiciens avant des morceaux. Quand tu dis « c’est pas trop le délire de cet album », tu parles de la cohérence des musiciens et de leur plaisir à jouer ensemble ?

Lune : Quand je parle de c’est pas trop le délire je veux dire que c’est pas assez énergique pour plaire à la grosse nulle de jazz que je suis. Je ne dis pas que c’est mou, juste les seuls moments de jazz qui m’ont plu dans ma vie, c’est quand les musiciens dépensaient toute leur énergie, sur des morceaux plus courts, plus resserrés. Après comme j’ai dit c’est que des vagues impressions et j’ai pas d’exemple concret. Je crois que je préfère les sons plus chauds aussi, plus de trucs dans le genre saxo.

Gibet : Je crois que le jazz dont parle Lune, c’est plutôt les trucs en mode Nouvelle-Orléans, ou bien en mode orchestre free jazz tonitruant, des trucs où on sent immédiatement une joie explosive. J’ai entendu des bouts de l’album que tu lui as envoyé, et je comprends ce qu’elle veut dire : pour l’oreille non initiée (comme la mienne et celle de Lune), c’est juste un magma de jazz moyen, on oublie ce qu’on écoute au fur et à mesure, et au final on sait pas distinguer les mouvements, les morceaux, ni même les différents albums du même genre. Cela dit on te croit sur parole si toi, amateur de jazz, tu estimes que c’est un bon album de jazz. D’ailleurs il faudrait peut-être réécouter en se focalisant sur la section rythmique, puisque tu dis que c’est ça l’intérêt suprême. Est-ce que pour toi cet album a quelconque lien avec Noël ?

Paludes : Oui, je comprends bien ce que vous voulez dire ! Pour ce qui est de la section rythmique, je ne pense pas que ça soit l’intérêt suprême du disque, même si c’est un point important dans le succès du disque et sa pérennité, mais c’est surtout là où mon oreille se concentre depuis quelques temps. Et faites-vous confiance pour votre appréciation. Je ne sais pas si ça sert à grand-chose de savoir qu’un album est jugé comme bon par un grand nombre si on est passé un peu à côté ! Il n’a rien à voir avec Noël, si ce n’est qu’il passe bien pour les lendemains de cuites inhérents à cette période ! Lune, si tu aimes le saxo, peut-être que Céline Bonacina pourrait te plaire. C’est une saxophoniste (elle joue du sax baryton, le plus grave) et y a beaucoup de recherches sur la sonorité de l’instrument. L’album Way of Life est vraiment bien.

Lune : Oui,  on voulait juste avoir plus d’infos sur le disque, on se flagelle pas t’inquiète ! J’ai écoute Céline Bonacina et c’est plutôt ça qui m’intéresserait oui. Après ça reste pas mon genre préféré, il reste l’aspect cascade apparemment incohérente, mais on sent qu’elle maîtrise son instrument et qu’elle s’amuse et ça ça fait plaiz !

Gibet : Jean, tu as des conseils pour initier le néophyte de bonne volonté au jazz ? Des portes d’entrée plus simples que d’autres ?

Paludes : Les vocalistes (Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Frank Sinatra, Nat King Cole…), ça me semble déjà pas mal grâce au format chanson. Les Big Bands comme ceux de Duke Ellington et Count Basie. Le Jazz New Orleans, même si c’est une esthétique vraiment à part, c’est toujours très agréable à écouter et l’énergie est vraiment communicative. Sinon, un Chet Baker, un Miles Davis (Kind of Blue, ou les albums avec son quintet), et évidemment Charles Mingus (Blues and Roots) et pourquoi pas aller voir du côté de la fusion (Headhunters de Herbie Hancock, Multiple de Joe Henderson, mais celui-ci est peut-être un peu plus ardu…).

Quelle belle journée de Noël sur Lunécile ! Si les sélénites étaient mal contents de leur cadeau, on sortait de la rencontre avec plein de pistes pour devenir des pros du jazz ! God bless us, every one !

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