12 Days of Christmas #6 – Secret Santa : L’amour chante et danse, Mark Sandrich

Par décret du prisme lunaire, chaque membre de la rédaction s’est vu assigné un autre membre de la rédaction avec la mission suivante : choisir, parmi les œuvres (film, série, album, bouquin, etc.) qu’il aime à ressasser en période de Noël, une œuvre qui pourrait plaire à cet autre membre. Le Père Noël Mystère du jour est tombé sur Jooles, et il a choisi pour elle L’amour chante et danse de Mark Sandrich.

Gibet : Est-ce que tu étais contente d’avoir L’amour chante et danse dans ta chaussette ?

Jooles : Oui ! Because j’aime les films musicaux.

Gibet : Et tu as aimé ?

Jooles : Ouiiiii mais.

Gibet : Mais ?

Jooles : Je sais pas pourquoi, je suis dubitative.

Gibet : Ah bin trouvons pourquoi.

Jooles : Ben je sais pas, les chansons sont rigolotes, les danses sont vachement bien, mais y a un truc… C’est pas très christmassy. J’ai détesté Fred Astaire – enfin son perso. J’aime pas Lina, on ne s’y attache pas du tout – c’est peut-être fait exprès. Et en fait, le triangle amoureux est trop asymétrique. Peut-être que c’est moi qui suis trop niaise pour apprécier que tout ne se fasse pas comme dans les romcom selon un schéma très tradi, mais la symétrie qu’on attendrait elle est pas là et pourtant y a les grosses ficelles… Genre le titre français c’est L’amour chante et danse. Ça commence par un numéro où Astaire et Bing Crosby sont à égalité devant Lina, après en coulisses y a aussi une certaine égalité puisqu’elle allait se marier avec Crosby (Jim ?) mais qu’elle le quitte pour Astaire (Ted ?), après, idem, Astaire re-pique Linda (« light as a feather », c’est trop ça, elle danse superbement je trouve et elle est carrément mise en valeur par ses vêtements, y a des moments très jolis) à Crosby, puis finalement le « gentil » qui s’est un peu planté Jim récupère Linda, et le « moins gentil » Ted re-finit avec Lina, la meuf qui s’est barrée avec ce qu’elle croyait être un millionnaire. Ça me pose problème. C’est un peu trop facile, non ? Sinon j’ai bien aimé le coup de Thanksgiving (l’animation avec la dinde qui sait plus où aller entre le 20 et le 27) et ça m’a fait marrer because j’ai deviné dans les 30 premières secondes que Lina allait pas être la star du film parce qu’elle avait pas la bonne couleur de cheveux, et que Linda, elle est bien blonde. Et c’est vachement raciste aussi.

Gibet : Ah oui y a un numéro avec des black faces.

Jooles : Oui. Et puis la mamie elle parle comme ça « I loves her and I knows her like my girl », et les enfants ils sont teubés on dirait.

Gibet : Bon. Laissons ton Santa te répondre…

Jooles : Je suis persuadée que c’est toi ou Lune qui avez choisi pour moi, pour me faire découvrir Fred Astaire.

Gibet !!!

Jooles : GAGNÉÉÉÉÉ ! Merci !

Gibet : Je reviens sur ce que tu dis. En effet c’était un choix sur mesure – j’ai la chance d’être tombé sur toi – connaissant ton amour pour La Mélodie du bonheur West Side Story et tout ça, j’ai pris parmi les classiques de Noël le seul (à ma connaissance) qui soit une comédie musicale. Après j’admets que le film n’est pas parfait, et ce que tu relèves est juste. A vrai dire, j’ai un peu oublié l’intrigue et les personnages, et j’ai surtout retenu les numéros de chant et de danse. Le film a une structure un peu décousue – on file à travers les mois pour aller montrer ce qui se passe à chaque date importante du calendrier américain – et j’en  ai gardé le souvenir d’une sorte de film à sketchs, plus homogène qu’un film à sketchs par l’élan général, mais quand même assez bâclé sur les fignolages d’intrigue (ce que tu dis, sur l’asymétrie entre les deux personnages masculins).

Jooles : Ouais voilà, ça résume bien mon impression générale !

Gibet : Je suis d’accord également sur le fait que ce n’est pas aussi christmassy que La Vie est belle et compagnie, justement parce que la majorité du film ne se passe pas à Noël, c’est une date parmi les autres (même si Noël à chaque fois accueille les temps forts de l’intrigue), et finalement on sent que les faiseurs n’avaient rien de particulier à dire sur la fête, ni sur aucune fête d’ailleurs, ils s’amusent juste avec les motifs et l’ambiance de chaque tradition. Cela dit, un des plus beaux moments du film à mon goût, c’est quand Bing Crosby avec Linda chante « White Christmas » (un inédit à l’époque !!!) – sa voix est tellement chaude ! et j’adore qu’ils ne chantent pas une chanson d’amour, mais qu’on sente une sorte d’émoi dans l’union des voix. Rien que pour ce moment de délice hivernal, je trouve que le film mérite sa place dans le panthéon des films de Noël, c’est de la bieraubeurre pour mon cœur. D’ailleurs, le film sera remaké quelques années plus tard  (Noël Blanc ça s’appelle), et la seule chose réussie dans ce remake c’est la réutilisation de la chanson éponyme. Bing Crosby la chante devant des soldats restés au front pour Noël, avec la même chaleur, et c’est superbe parce qu’il canalise toute la mélancolie de ces pauvres gars loin de leur foyer. Toi c’est quoi ton moment préféré du film ?

Jooles : Celui-là et quand Lina le chante toute seule en pleurant et que Jim la rejoint et qu’elle lui saute dans les bras. Bref, les occurrences de « White Christmas » !

Gibet : Et du coup Fred Astaire ? T’es plutôt Gene Kelly non ?

Jooles : Plutôt Gene Kelly je pense. Il faudrait que je revoie Fred Astaire, mais j’adore la vivacité et la joie de Gene Kelly. Il est juste incroyable.

Gibet : Globalement Gene Kelly et Fred Astaire jouent toujours plus ou moins le même perso (parce qu’on montait les films sur leur capacité à danser et on ne leur demandait qu’à être eux-mêmes pour les passages de narration), donc une fois que tu as vu un film de chaque, tu sais à quoi t’attendre en général.

Jooles : Ah. Ben définitivement je préfère Gene Kelly.

Gibet : Gene Kelly est direct dans sa joie, Fred Astaire c’est plus guindé, plus ironique.

Jooles : Fred Astaire me fait penser à Vincent Cassel en vrai.

Gibet : Et t’aimes pas Vincent Cassel ?

Jooles : Si… Mais Gene Kelly c’est plus ma came ! Et toi ?

Gibet : Je sais pas trop… J’ai découvert Gene Kelly en premier, avec la fameuse scène où il chante sous la pluie, j’étais en seconde, ça m’a ému un truc de ouf ! Du coup après j’ai essayé de tout voir et au bout du compte je suis un peu lassé (parce que je connais par cœur) – Fred Astaire j’ai découvert tardivement et c’est encore tout frais. En ce moment donc je préfère Fred Astaire. En solo. Quand il est en duo avec Ginger Rogers ça revient toujours un peu aux mêmes chorés et ça m’ennuie. Si tu veux en voir plus, je te conseille le classique Le danseur du dessus, même réalisateur, avec des numéros très inventifs, et une chanson adorable, « Cheek to Cheek » – sinon tu peux aller voir la séquence fameuse où Fred Astaire danse au plafond, le trucage reste impressionnant aujourd’hui et ça prend au pied de la lettre la dimension aérienne du danseur ! Oh une dernière question : c’était pas trop moche la version colorisée ? ça faisait pas trop « coloriée à l’arrache par un stagiaire » ?

Jooles : Si ! A des moments les visages étaient tous de la même couleur et les costumes avaient la même nuance. En bref, c’était pas mal, des belles performances et tout mais je préfère toujours Rendez-vous, à la vie à la mort.

Quelle belle journée de Noël sur Lunécile ! Non seulement, les sélénites étaient bien contents de leur cadeau, mais en plus on sortait de la rencontre avec la plus belle version de « White Christmas » dans la tête ! God bless us, every one !

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