Green Inferno c’est nul / Knock Knock c’est bien

Parfois, malgré les apparences, notre surhomme Aloïs perd le courage. Alors sa quête du film d’horreur ultime devient fardeau. Il a besoin d’aide. Face à la tâche de découvrir et commenter les deux derniers d’Eli Roth, on l’a vu se recroqueviller… C’est le moment qu’a choisi Gibet aka moi-même pour venir à son secours : « parlons-en tous les deux, cher Aloïs ! tu ne t’enfonceras pas seul dans l’enfer vert ! ».

Gibet : Pour mieux parler de Green Inferno, je propose qu’on commence par évoquer Cannibal Holocaust, l’une des inspirations principales de Roth pour ce film. Tu m’as dit que tu avais trouvé ça bien nul, mais moi j’ai plutôt aimé.

Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato, 1980

cannibal holocaust lunécile

Aloïs : Cannibal Holocaust, ouais, ça fait partie des premiers films que j’avais regardé quand je me suis lancé dans ma grande croisade du film d’horreur ultime. Quand je t’ai dit effectivement que je le trouvais bien nul, c’est avant tout sur l’aspect film d’horreur : pour moi, ce n’en est tout simplement pas un. Le problème de base, c’est qu’il se présente, dans sa communication, comme le chef-d’œuvre le plus abouti de l’horreur, la couverture du DVD annonçant au travers d’un bandeau bien vénère, « le film interdit dans près de 80 pays », avec des commentaires assortis. En lui-même, le film est pas dégueu, et j’ai bien aimé la plongée dans le monde de la jungle, au travers d’images qui justement se rapprochent davantage de la réalité et d’une mise en situation réaliste. Cannibal Holocaust signe le début d’une génération de films en caméra embarquée (Projet Blair Witch, Rec, le film avec Jared Leto je sais plus son nom, etc) avec la mise en abyme du documentaire enregistré sur cassette retrouvée suite à un drame qui aurait coûté la vie à un groupe de journalistes. Voilà : la critique élémentaire que j’aurais à émettre concernant le film, c’est qu’il ne s’agit pas d’un film d’horreur. Quelques scènes gores ponctuent des longueurs qui au final ne font pas monter la tension – au service d’un effet réaliste certes, mais un peu lourd.

Gibet : J’ai souvent entendu dire que c’était un des films les plus dégueus de l’histoire du cinéma, mais jamais que c’était le meilleur film d’horreur de tous les temps. Ce qu’il y avait écrit sur ta jaquette,  « le film interdit dans près de 80 pays », ça va aussi dans ce sens : vous allez vous prendre du gore plein la gueule vous pourrez plus fermer vos yeux sans voir des images d’entrailles de tortues !!!!! Pour autant, ça exclut pas le film du genre horrifique à mon sens. Dans tes critiques, tu mets beaucoup l’accent sur la tension, l’atmosphère, la construction scénaristique, tout ce qui participe à décupler la peur du spectateur – c’est une approche, mais elle met hors jeu des films qui s’en battent les couilles de tout ça et qui veulent juste montrer des trucs crados. C’est ce que j’appelle la dimension pornographique du film d’horreur : parfois on vient tout simplement regarder des corps se faire défoncer et c’est normal du coup qu’il y ait des films qui ne se préoccupent que de cet aspect-ci. Encore que ce ne soit pas tellement le cas dans Cannibal Holocaust. On sent qu’ils se sont creusés la tête pour faire monter la sauce progressivement. Le premier voyage, avec l’anthropologue qui part à la recherche des journalistes disparus, t’es super méfiant, tu te dis au détour de n’importe quel raccord je peux tomber sur un truc répugnant – finalement il se passe pas grand-chose le truc le plus hardcore je crois que c’est des gros plans sur des squelettes fake dont on suggère la décomposition via des petits insectes sciemment disposés. Le deuxième voyage du coup t’es moins sur tes gardes et c’est là que ça commence vraiment, et là – je suis pas d’accord avec toi – le flot de scènes de chaos est quasi-ininterrompu, y a presque pas de répit, les délires nihilistes destructeurs des journalistes se succèdent avec presque pas de temps mort. À partir de ce moment je trouve qu’il y a bien une ambiance, une tension, etc. Tu es peut-être insensibilisé (moi aussi dans une certaine mesure car j’ai maté beaucoup de films de genre purulents) mais mettons quelqu’un d’un peu sensible aux représentations de la violence face à ce film, je pense que pour lui ce sera insoutenable de se dire « il reste encore trois quarts d’heure de film et ils en sont déjà à ce niveau de bâtardise JUSQU’OÙ S’ARRÊTERONT-ILS ? » (moi-même j’ai un peu ressenti ça face aux séquences de tortures animales, parce que je me disais « s’ils vont plus loin que ça je suis pas sûr que je veux voir »). Il y a donc réelle peur, au sens où tu es dans l’attente angoissée du potentiel surgissement d’un truc vraiment dégueulasse dont tu veux surtout pas être spectateur. Même dans son sous-texte (les blancs gentils deviennent copains avec les amazoniens / les blancs méchants se font bouffer), ça correspond à ce que nous montrent en général les films d’horreur, y a compensation du déchaînement de libido par un retour en force de la morale (exemple classique : dans les slashers, ceux qui baisent se font tuer / les vierges survivent). Mais l’intérêt de Cannibal Holocaust à mon sens c’est que le déchaînement que la morale vient régler pour le coup il était vraiment vraiment déchaîné de ouf malade, les journalistes sont extrêmes, débiles et pas sympas pour un sou.

Aloïs : Je suis d’accord pour dire que Cannibal Holocaust rentre dans la catégorie des slashers et encore, à moitié. Comme tu le dis, la morale est écartée, trop même, puisque tu avoues avoir été gêné par les scènes sur les animaux, sache qu’elles ont été réellement tournées, c’est-à-dire que les animaux ont vraiment été tués et violentés. Bref, je vais pas la jouer Greenpeace, mais à partir de là, c’est même plus juste du gore pour du gore, ça appelle à une pseudo volonté de faire plus gore en jouant sur le fait que ça s’est vraiment passé. Je cautionne pas, quand je veux voir du sang, je préfère encore qu’il soit faux, pareil avec les entrailles de tortue. J’ai vu Cannibal Holocaust il y a assez longtemps, et j’avoue qu’il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, et encore moins celui d’un film à la succession de scènes d’horreur. Si on me demandait ce que j’en ai retenu, je dirais : une tortue ouverte, un singe ouvert, un coupage de jambes, un viol meurtre et la scène finale où les journalistes se font bouffer. Mais je n’ai apprécié ni le côté horreur qui pour moi reste trop pauvre vis-à-vis de ce que je peux attendre d’un film du genre (peut-être suis-je effectivement immunisé) ni du côté slasher qui repose sur le pire prétexte du monde pour faire du gore rendu en qualité image ternie 1980. C’est à mi-chemin entre les deux, sans aller à fond dedans, et du coup ça reste incomplet. Mais un tant soit peu réaliste malgré tout, ce qui disparaît dans Green Inferno.

Gibet : Je disais pas que Cannibal Holocaust était un slasher (c’en est pas vraiment un on est d’accord), juste que dans les films d’horreur il y a toujours une structure morale pour rassurer le spectateur – là c’est que les blancs qui se sont fait manger sont en fait des salauds et que les amazoniens se sont juste vengés ; dans les slashers à chaque fois le tueur s’occupe des ados actifs sexuellement et ce sont les vierges qui tiennent le plus longtemps et en général, retour de la flamme morale, arrivent à mettre à mal le tueur (ce qui est parodié explicitement dans le premier Scream avec le puceau qui immunisé peut rester tranquille sur le canap pendant que les autres autour de lui se font trucider). Pour les séquences animales, j’étais bien conscient qu’elles étaient authentiques, et c’est pour ça qu’elles m’ont mis si mal à l’aise (et que j’avais pas du tout envie qu’ils poussent le truc encore plus loin – d’où le sentiment de « peur »). Mais en même temps, c’est parce qu’elles sont réelles et extrêmes (c’est une chose d’exécuter un animal, c’en est une autre de jouer avec sa tête découpée encore vivante) que ça a si bien fonctionné sur moi. C’est sûr que c’est très discutable d’un point de vue éthique mais d’une certaine manière ça fait « du bien » (disons que ça a une valeur cathartique) de voir des persos qui sont indiscutablement des enculés niveau Marquis de Sade un jour de fête, et ils ne paraîtraient pas aussi enculés si les animaux n’étaient pas tués réellement. Pour ce qui du rythme du film, moi j’ai vu le film hier matin, et à partir du moment où commence la vidéo des reporters, y a quelques respirations où l’anthropologue qui regarde les rushes interrompt la projection pour dire que c’est dégueulasse, et quelques plans de transition d’un épisode à l’autre, mais c’est pas grand-chose quantitativement. Après, tout est pas au même niveau d’intensité, t’as une séquence où simplement ils paniquent parce que la meuf a une grosse araignée sur le bras, t’as une séquence où ils se font attaquer simultanément par un croco et un anaconda (d’ailleurs les animaux sauvages sont très bien filmés) – pas toujours des séquences d’horreur pure donc, mais quand même des séquences de suspense, où tu as toujours l’occaz de voir à quel point les persos sont frénétiquement crétins. Enfin bref, le rythme est soutenu, foi de témoin récent.

Green Inferno, Eli Roth, 2015

green-inferno lunécile

Gibet : Euh bin c’était vraiment pas terrible.

Aloïs : On est d’accord. Fin du débat.

Gibet : Et si je te dis que globalement les critiques sont bienveillantes envers le film ?

Aloïs : Je répondrais que j’ai arrêté de lire les critiques des films depuis que j’ai lu celles de La guerre est déclarée. Mais à dire vrai ça m’intrigue qu’il puisse y avoir de bonnes critiques sur un tel film, il faut que j’aille voir ça.

Gibet : T’es au courant que La guerre est déclarée c’est pas censé être un film d’horreur ? Parce que si tu l’as vu dans cette optique-là c’est normal que t’aies pas trop pigé.

Aloïs : Il reste meilleur niveau horreur que certains films du genre.

Gibet : Bon. Le truc principal qui va pas dans Green Inferno, c’est que Eli Roth il est parti en mode commando dans la jungle amazonienne pour filmer de L’AUTHENTIQUE, du JAMAIS VU (il dit ça en interview sérieux), et qu’en fait le film profite pas du tout de ça. C’est tellement conventionnel, l’écriture, la réa, les effets, il aurait tourné ça en studio on aurait pas fait la différence. Tu trouves pas ?

Aloïs : Ah parce que ca a été tourné dans la jungle ? Du coup carrément. Là-dessus Cannibal Holocaust tenait ses promesses et nous emmenait au cœur de cette jungle. On y croyait.

Gibet : Ouais, tourné dans la jungle (Roth se vante d’être allé plus loin dedans que les cinéastes précédents ne sont jamais allés), dans un village local, avec ses habitants dans le rôle des sauvages… tout ça pour ça. Comme si ça suffisait de tourner à tel endroit pour que le spectateur ait la sensation de cet endroit. Je trouve que le peu d’efforts pour l’impression de réel se ressent partout, et ça annule pratiquement tout l’intérêt du film. Même dans les scènes gore, on est à la limite du cartoon. La première cérémonie de cannibalisme avec le gros gentil… les indigènes ils te coupent tout ça super facilement, aucune résistance de la chair et des os, la prêtresse elle mâche la langue du type comme si c’était de la barbe à papa. Ce serait pas trop un problème si le parti-pris de la blague était net. Mais concrètement à côté de quelques notes d’humour assumées (ça m’a bien fait marrer les indigènes défoncés qui ont la dalle), y a beaucoup beaucoup de scènes conventionnelles ultra-premier degré, et du coup ultra-grotesques (tous les trucs où la fille apprivoise le gamin avec son sifflet ohlala L’Anthropologie pour les nuls). Dès le début j’ai tiqué : l’héroïne mate le leader du groupe activiste avec sa BFF et ils disent « OH MY il est tellement charismatique !!! – oui c’est pour ça qu’il est dangereux !!! » alors que putain c’est de l’acteur de seconde zone vraiment foireux, à chaque fois qu’il fait un geste ou une expression tu le vois en train de réfléchir à si c’est bien ça que le réal lui a dit de faire, tu peux presque lire les didascalies du scénar dans ses yeux vides  c’est le néant en terme de charisme. C’est un des trucs qui m’agace le plus dans la fiction, quand les persos qualifient un truc d’une manière qui contredit ce qu’on voit (ça arrive souvent quand un perso chante comme une casserole de pâtes à l’eau… et que tous les autres persos sont en pâmoison). Tout ça pour dire que c’est rare que le film soit en accord avec son principe d’authenticité.

Aloïs : J’avais déjà soulevé le point du stéréotype lors de ma première réaction face au film. Les personnages sont tous emprunts de ces fameux caractères surjoués, de l’héroïne bonnasse et un peu paumée au mec méchant, sans états d’âme (en l’occurrence ici le chef soi-disant charismatique qui passe quand même en dix minutes d’une manif de mecs assis sur l’herbe du campus au gars qui n’hésite pas à sacrifier sa team pour arrêter des bulldozers), le roux rigolo, le gros sympa, la neuneu de service, la pétasse… Bref, un condensé tellement énorme qu’à partir de vingt minutes tu ne vois plus que ça, et toutes les répliques continuent d’accentuer cette dimension déjà bien trop présente. Le coup du sifflet et du gamin est tellement obvious également, et tellement bien amené : « oh regarde, je te joue deux notes et demi sur l’instrument le plus désagréable à écouter dans l’univers, du coup te voilà prêt à trahir le peuple qui t’a fait naître, t’a nourri, t’a élevé ». À la limite, si ma bouffe se met à me jouer de la gratte, j’en fais un spectacle itinérant mais je ne lui rends certainement pas sa liberté. Tu rajoutes à cela les facilités scénaristiques du style « tous mes potes sont morts dans le crash de l’avion » (à la fin) alors qu’il suffit d’envoyer un mec chercher les corps, dans une zone désormais contrôlée par des forces armées et donc identifiable puisqu’on y a déjà posé un hélico, pour se rendre compte que y a quelques cadavres embrochés et un village de cannibales à 12 mètres de là. Le rêve à la fin, et le dernier plan d’ailleurs… je n’ai rien à ajouter, j’ai juste regardé en l’air en disant : « hein ? ». Qu’est-ce que ça fout là ? Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire, signifier ? Y a un sens caché ? Autant dans Knock Knock l’ultime scène est franchement rigolote, autant là… je comprends toujours pas. Et pour finir de m’emporter sur Green Inferno, le passage de la fuite de l’héroïne, toujours grâce à l’aide de Mimi-Siku, est absolument hallucinant : elle se barre à l’aise d’un village après avoir parlé pendant 15 minutes à son pote attaché (qui lui demande de l’achever avec une étonnante facilité, ça doit être les piqûres de fourmis qui le font délirer) alors que le dit village est gardé puisqu’on voit dans la PUTAIN DE SCÈNE PRÉCÉDENTE des guerriers qui surveillent les alentours. Mais ça n’arrête personne puisque la fille est juste poursuivie par une gamine et son fidèle acolyte Jean Balourd. De toute manière, ça devait juste être des gros recalés de la tribu vu qu’ils se font semer dans la forêt dans laquelle ils ont toujours vécu, et laissent l’héroïne s’enfuir quand elle passe près d’une panthère qui ne sert à rien, le tout sur une musique tellement forte en volume et hors de propos que ça en devient risible.

Gibet : Putain ouais la panthère ! Encore une fois j’ai pas compris pourquoi ils avaient fait tant d’efforts (si je me goure pas c’est une vraie panthère), la séquence peut très bien se passer de l’animal  le truc se pointe on croit qu’il va y avoir de l’action et finalement l’héroïne passe devant plus tranquillement que si c’était un contrôleur SNCF. Tous les trucs que tu relèves dans le film, ça me fait me demander si le nouveau cinéma d’horreur a capté que son public était essentiellement composé d’ados blasés, et si du coup ils font pas exprès de faire des séquences idiotes et des persos idiots dans un premier degré affiché pour que ce public puisse coller dessus son second degré. Pour la fin, je crois malheureusement qu’Eli Roth veut laisser une porte ouverte pour un éventuel second opus ! Mais la chance est avec nous : il a énormément galéré pour distribuer Green Inferno (le film est sorti seulement en VOD) donc c’est peu probable qu’il réussisse à produire une suite. Ou alors c’est une fin symbolique : l’activiste enculé l’emporte contre tous, il est imbattable (ce qui est bien étrange puisque pendant les 9/10 du film son unique plan de survie est : attendre dans la cage), voilà ce que c’est que notre monde moderne. À ce propos, qu’est-ce que tu pensé de la dimension politique du film ? Les critiques disent que c’est l’aspect le plus réussi du film.

Aloïs : Effectivement, j’ai lu qu’une suite était prévue, nous verrons bien si cela se concrétise ou non. L’option d’un deuxième film est d’ailleurs celle qui me semble la plus probable quant à l’explication de la séquence finale. Le côté décalé ne se ressent pas assez, voire pas du tout, et du coup, ponctué de cette manière, offre des scènes complètement ubuesques qui se perdent au milieu d’un propos qui semble pourtant se vouloir sérieux. L’un dans l’autre, on ne sait pas trop ce que ça vient faire là et je te rejoins là-dessus : quitte à prendre un parti, autant l’assumer jusqu’au bout. Pour la dimension politique, ça me fait doucement rire aussi. Invoquer trois fois le nom de l’ONU et légitimer une action coup de poing contre des sociétés coupables de déforestation, c’est un peu faible pour moi comme dimension politique. Même ça je trouve que c’est raté : la fille qui part parce qu’elle veut faire stopper l’excision des femmes, elle s’est un peu trompée d’atelier. Dire qu’on est prêts à sacrifier des gens pour sauver des arbres (et des indigènes qui te boufferont de toute manière), pareil, la logique m’échappe un peu. La scène de confrontation finale où l’héroïne est interrogée par des membres de l’ONU (dont son père) est juste aberrante. Elle dure à peu près deux minutes grand max, pendant lesquelles elle va raconter mythos sur mythos pour protéger une peuplade qui a juste bouffé ou trucidé tous ses potes. Surtout quand derrière suffit que les mecs qui protégeaient les bulldo ont juste à dire : « bah on a retrouvé quelques corps empalés et pas mal de têtes réduites dix mètres plus loin, surtout et on a ramassé votre fille affublée du costume rituel pour l’excision ». Non, tout le monde se contente des trois phrases qu’elle balance malgré les nombreuses rumeurs qui font état de la pratique du cannibalisme. Ça fait plus syndrome de Stockholm que dimension politique, du moins de mon point de vue.

Gibet : Ouais pareil, j’ai trouvé ça super confus. On a l’impression que Roth a réfléchi à ce qui serait cool scène après scène, mais en oubliant chaque scène précédente au fur et à mesure, et le truc de la fille qui ment à la fin ça ne tient que parce que dans l’immédiateté du truc c’est un peu classe comme retournement. Impossible, à cause de ça, de savoir c’est quoi son regard sur ce qu’il filme. En terme de morale, c’est pas mieux. La charge de Cannibal Holocaust elle a totalement disparu, on retourne à des catégories super ringardes. Le leader activiste c’est le Méchant, l’héroïne c’est la Vierge. Si tu regardes dans le détail, chaque perso de la troupe d’activistes a commis un petit péché (sexe ou drogue  pas trop de rock’n’roll par contre) qui justifie qu’il se fasse massacrer (pourtant c’est vraiment des tous petits péchés à la con). Le délire sur l’excision, je sais pas trop quoi en penser. C’est pas inintéressant d’intégrer cette peur dans un film d’horreur, perso j’avais jamais vu ça, d’autant que dans l’ordre des choses c’est LE interdit de Green Inferno, tellement interdit que ça n’arrive pas (comme les meurtres d’enfant dans la plupart des films, on fait mine que ça va arriver pour faire battre les cœurs et ça ne vient pas). Mais à chaque fois que ça revient sur le tapis, comme le lien entre cannibalisme et excision est pas si évident, c’est difficile de se dire autre chose que « HORS-SUJET !!!! ». C’est peut-être pour se moquer de la naïveté de l’héroïne ? J’arrive pas à savoir si Roth est teubé ou pas. T’en penses quoi ? Si on met tout ça à part, ce qui m’a le plus surpris dans ce film c’est qu’il n’y ait concrètement que deux ou trois scènes véritablement gore. Le film n’honore même pas cette promesse toute basique. Ça m’a laissé totalement perplexe, je comprends pas la démarche de tout faire à moitié.

Aloïs : Perso j’avais même pas pris la peine de pousser la réflexion aussi loin. C’est vrai que maintenant que tu le dis, tous les meurtres sont « légitimés » par ces pseudo-péchés à peine visible (le gros par exemple, il est mort parce qu’il est gourmand ?). Comme tu dis, ça repose sur l’immédiateté, et si tu prends ne serait-ce qu’un peu de recul par rapport au film, ça devient tout de suite risible. Je me suis effectivement demandé, passé un certain moment : pourquoi cette retenue ? Et par rapport à ça, je n’ai pas vraiment de réponse à la question. Teubé je dirais pas, mais c’est clairement un coup manqué (en tout cas bien plus réussi dans Knock Knock). Le gore et l’excision, c’est pareil, je te rejoins là-dessus. Le gore aurait d’ailleurs une nouvelle fois pu être très réussi s’il avait eu une dimension complètement grotesque, aberrante, limite à la Kill Bill, que ce soit du gros n’importe quoi mais qu’on puisse au moins se rattraper là-dessus. Quitte à se tirer une balle dans le pied, autant qu’il en sorte un geyser de sang de la chaussure. Mais non, nada, deux trois bras qui se baladent et un gros poulet cuit au four. Et au passage, si tu fais cuire de la beuh comme ça, y a plus de chance que tu foutes tes pochons en l’air que de réussir miraculeusement un space cake humain. Mais si en plus il aurait fallu virer des scènes comme ça au nom du réalisme, il ne serait définitivement plus rien resté du film. L’excision pour conclure (c’est presque poétique dit comme ça, je sais pas pourquoi)… Bah ouais, c’est raté aussi, ça pop de nulle part, la scène où la chef du village enfonce sa griffe, je pensais que c’était le rituel, mais en fait non, t’as une scène de dix minutes qui sert encore une fois à rien, avec une pseudo-montée de tension qui retombe tout aussi vite (même si pour le coup t’es pas du tout monté en même temps parce que tu t’en fous de savoir si la fille va être scarifiée ou non). Enfin bref, en deux ou trois mots : c’est dommage.

Knock Knock, Eli Roth, 2015

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Gibet : J’ai été beaucoup moins perplexe devant Knock Knock. Je crois même que j’ai aimé ! Pour dire ça rapidement, c’est classique mais bien mené. Je crois que t’es d’accord avec ça si je me fie à ce que tu as déjà dit du film en parlant de Green Inferno.

Aloïs : Ouais, j’ai carrément plus accroché, pour pas mal de raisons d’ailleurs. On est beaucoup plus dans cette idée de surenchère qui n’est qu’à moitié développée dans Green Inferno. Knock Knock c’est pas un film d’horreur, enfin pas à mon sens. C’est plus une sorte d’exutoire sympathique. Comme je suis un éternel insatisfait, je vais commencer néanmoins par le principal point faible selon moi, qui est purement personnel par ailleurs : le choix de Keanu Reeves. Pas que j’aime pas l’acteur, mais je trouve qu’il a une tête un peu trop sympa pour ce genre de rôles. Ça me gêne pas plus que ça au final, et on pourra même dire que c’est sûrement voulu qu’on s’apitoie sur son sort, ça donne un côté vraiment voyeurisme immoral vis-à-vis d’un mec qui a sûrement pas mérité tout ça. Le point de vue est tout aussi intéressant que justement mettre un connard fini contre lequel tout s’acharne. Ça rajoute une dimension de « culpabilité » je dirais. Je sais pas si je suis super clair. Je reviens donc un peu sur ce que je disais deux lignes plus haut : le choix de Keanu Reeves en tant qu’acteur principal est intéressant, et confère cet aspect moins jouissif en tant que spectacle mais plus travaillé sur le côté psychologique et relation avec les personnages.

Gibet : Pour ce qui est du genre du film, spontanément moi j’aurais rangé ça dans la catégorie thriller ou à la limite comédie noire. Mais bon, si on prend une définition basique du film d’horreur, c’est un film « dont l’objectif est de créer un sentiment de peur, de répulsion ou d’angoisse chez le spectateur ». Or à peu près tous les thrillers réussis causent au moins de la peur. Face au Silence des Agneaux, catégorisé thriller, le spectateur est censé passer par toutes ces étapes. Le thriller serait juste un film d’horreur bien écrit ? En fait si on y réfléchit, la différence entre l’horreur et le thriller c’est que l’un extériorise et l’autre non, l’un est visuel et l’autre psychologique. Le truc amusant avec Knock Knock c’est que c’est plutôt un thriller, mais qui menace jusqu’au dernier moment de virer vers l’horreur. Je suis pas trop d’accord pour ce qui est du choix de Keanu Reeves. J’ai pas d’avis sur ce type, je l’ai pas vu dans grand-chose et je me souviens pas tellement de ses performances. Mais son aspect sympathique participe à l’originalité du film, que je trouve à vrai dire assez subversif. Pour moi le réel intérêt du film est là : le perso de Keanu Reeves est sympa, à peine coupable (c’est à deux doigts du viol ce qu’elles lui font), et la violence des deux meufs est gratuite. Avec une telle procédure – elles prennent un père de famille esseulé et elles le teasent à fond jusqu’à ce qu’il craque  tout le monde tomberait dans le piège. Ça tombe sur le perso de Keanu au hasard. Le geste des deux meufs est plus violent que celui exutoire des héroïnes de rape and revenge, elles ne ridiculisent pas un individu, elles ridiculisent la structure familiale en général, en rappelant que c’est juste une convention, qui régule les pulsions mais ne les annule pas (gros accent mis sur l’inceste of course). Le film aurait eu beaucoup moins d’ampleur si le gars persécuté avait été un gros porc. En voyant l’intro du film j’ai eu peur qu’on soit dans le schéma rebattu de « la famille parfaite » qui se révèle pleine de secrets et de vices mais heureusement non. C’est une famille normale, avec des vices normaux.

Aloïs : Yes, c’est ce que j’essayais d’expliquer. Le résultat n’est clairement pas le même que si le gars avait été le dernier des salauds. C’est bien cette idée de dénonciation des conventions familiales qui les motive, ce qui au final est hyper maigre comme excuse pour ravager la maison d’un type et lui faire croire à sa mort jusqu’au bout, mais c’est justement ce qui confère cette dimension malsaine au film (au sens positif). Le mec paye quand même au prix fort le fait d’avoir couché avec les deux pires allumeuses du millénaire. L’ambiance évolue dans le film assez rapidement, et nous prend même par surprise au début (surtout quand les deux filles reviennent dans la maison, j’ai trouvé que c’était le moment où tout basculait vraiment). C’est presque dommage qu’à la fin elles avouent qu’elles sont majeures, limite ça aurait été encore plus fort que leur histoire soit vraie, pour bien enfoncer définitivement le clou. En ce qui concerne le film d’horreur et le thriller, je suis plutôt d’accord, en rajoutant que le film d’horreur n’a pas forcément de but final, en tout cas pas toujours, on est dans la gratuité et l’immédiateté, à l’inverse d’un thriller qui se construit tout au long d’une trame progressant au rythme des éléments que le scénario dévoile. Il y a toujours une motivation sous-jacente, plus ou moins explicite, qu’on ne retrouve pas forcément dans le film d’horreur (le slasher étant le meilleur exemple).

Gibet : Ce que tu dis sur le thriller vs le film d’horreur confirme ce que je dis. Puisque le film d’horreur est spectaculaire (au sens où il est censé livrer des images fortes) il peut se permettre de donner dans la gratuité et l’immédiateté (je trouve quand même que cette possibilité est rarement explorée à fond  y a pas ou peu de films d’horreur qui soient totalement dépourvus d’intrigue, même les slashers comme je disais y a au moins une petite histoire pour maintenir la morale) alors que le thriller, plus intérieur, doit miser sur autre chose, et notamment sur l’agencement des événements, pour faire en sorte que tel ou tel rebondissement, telle ou telle révélation défonce la tronche du spectateur comme il se doit. Tout à fait d’accord sur le fait que la punition est disproportionnée. Là aussi c’est assez original : celles qui reprochent aux pères de famille leur perversité sont en fait elles-mêmes super sadiques. Ça va de pair avec leur changement de comportement très brutal entre la nuit et le matin. Avant qu’ils niquent, elles sont des petites créatures très sexuelles mais douces (je ne sais pas si c’est voulu mais en tant que spécialiste ès Marilyn Monroe je ne peux pas m’empêcher de voir dans la première partie du film une réécriture de Sept ans de réflexion, et dans la blonde une post-Marilyn) et après sans transition elles deviennent des putains de Gremlins fous de puritanisme. Je trouve ça très malin de faire cohabiter dans le même personnage une grande décontraction du cul type libération sexuelle totalement digérée et une extrême intransigeance envers la déviance. Je ne crois pas avoir déjà vu ça incarné ailleurs, et pourtant c’est conforme à certaines rigidités de notre époque. Pour ce qui est de l’aveu de majorité à la fin, je pense que Roth voulait disculper son perso masculin au maximum. Mais c’est vrai que ça n’était pas indispensable. Le propos tiendrait même (et peut-être encore mieux) si elles étaient effectivement mineures.

Aloïs : La transformation est clairement radicale, j’ai d’ailleurs au début été un peu perplexe lorsque Keanu Reeves se rend dans la cuisine et découvre les deux en train de tout dégueulasser pour faire trois pancakes. Le malaise s’installe hyper rapidement, et ce n’est plus qu’une heure de descente dans la folie. Je ne peux pas confirmer pour Marylin Monroe, mais je te crois sur parole. Il y a effectivement une petite ressemblance, mais n’étant pas un aficionado de l’actrice comme toi, ça ne m’a pas sauté aux yeux. Elle me faisait plus penser à une de mes ex pour tout dire, même dans le comportement, ce qui a contribué à me faire un peu tiquer devant. En prenant un peu de recul cependant, je me rends compte qu’il y a quelques petits points qui me posent problème. Le premier, c’est que les deux filles n’ont pas l’air de trop s’en faire en partant de la maison, alors qu’en soi on imagine que le premier truc que va faire Keanu Reeves, c’est appeler les flics, qui, s’ils ne sont pas trop nullos, vont pouvoir trouver des empreintes digitales à peu près partout. Le coup du texto envoyé au galeriste est un peu louche aussi, il suffit de regarder l’heure d’envoi du message et estimer l’heure de la mort pour se rendre compte que ça colle pas des masses. Après je rentre peut-être dans des considérations de police scientifique mais ça m’emmerde un peu de relever des pirouettes scénaristiques qui légitiment de manière pas crédible ce qui s’est passé. Autre point qui m’a marqué, et qui rappelle Green Inferno : la beuh. Je ne sais pas pourquoi Roth lui accorde une importance particulière dans le film. Est-ce que cela fait partie des « péchés » qui induisent que le personnage doit être puni ? On a le droit à une longue séquence d’allumage de pipe, à Keanu Reeves qui en parle un peu avant le départ de sa famille, et même quand sa femme l’appelle, elle conclut la discussion par « fume pas tout hein hihihi ». Est-ce qu’il faut le voir et le comprendre comme ça ? Ou bien faut-il encore plus pousser la réflexion en lui conférant une dimension ironique du fait qu’elle vient lui parler de ça alors que c’est un peu le dernier de ses soucis ? Je me demande…

Gibet : La ressemblance avec Marilyn Monroe n’est pas flagrante, j’avoue. C’est moins une ressemblance physique trait pour trait qu’une évocation, transposée dans notre époque. Après j’ai tendance à voir Marilyn Monroe partout mais là j’ai vérifié et je suis pas seul à repérer un écho. Quand je vois la blonde (l’actrice est brune en temps normal c’est donc un vrai choix de Roth) de Knock Knock avec son grain de beauté, son peignoir blanc, jouer la conne face à un type dont l’enjeu est de ne pas tromper sa femme partie en vacances sans lui parce qu’il doit taffer, ça m’est vraiment impossible de ne pas relier le truc avec Sept ans de réflexion, où on retrouve la même configuration. Il faut se dire qu’aux États-Unis Marilyn Monroe et ses films sont beaucoup plus présents dans l’imaginaire collectif qu’en France, et même si Eli Roth n’en a pas fait exprès, le rapprochement est très fructueux, j’en ferais peut-être un article : la blonde de Knock Knock serait une Marilyn dégénérée, qui explicite la complexité de la star (notamment son rapport ambigu à la sexualité). La fin m’a un peu frustré aussi, il reste pas mal de choses irrésolues. J’avais tellement envie de voir la véritable réaction de la famille, et comment Reeves allait gérer cette situation. Mais je comprends que Roth s’arrête là, ce serait un autre film. On reste dans la comédie noire en stoppant l’affaire ici. Pour ce qui est des meufs effectivement elles laissent la blinde d’indices, tout ce que tu dis est juste, mais elles sont tellement extrêmes qu’on peut s’imaginer qu’elles n’ont peur de rien, qu’elles se rendent intouchables dans toutes les situations, y compris si elles se font arrêter. Je trouve que ça participe à leur aura que leur plan soit faillible mais qu’elles s’en foutent, en mode après moi le déluge. Le film ne dit pas qu’elles en sortiront indemnes d’ailleurs. Pour le coup, les références à la beuh, je l’ai reçu comme une sorte de curseur sociologique pour la caractérisation des personnages, du genre : « regardez ils sont artiste d’un côté et architecte de l’autre mais ils sont pas cécoin, c’est des bobos sympas ». Le film joue trop à dérégler la morale à côté de ça pour qu’on puisse appliquer la structure péché / châtiment à ce niveau-là.

Aloïs : J’ai beaucoup aimé la réplique finale du fils quand il voit le bordel rien que dans l’entrée de la maison. Ça résume tout, tout en étant carrément à côté de la plaque. C’est génial de voir que la première idée qui lui vient en tête en voyant ça c’est que y a eu grosse soirée. La blague est facile, limite attendue, mais perso ça m’a arraché un petit gloussement qui met un point final parfait, toujours en décalage par rapport à la réalité des choses et les conséquences qui en découlent. Comme tu dis, voir la suite de l’arrivée avec la famille aurait sûrement été un peu lourd, du moins ici, on rentrait dans un après qu’on imagine bien plus dramatique. Je suis pas super convaincu par le fait que les filles soient intouchables, ou qu’elles pensent l’être. Y a quelques moments dans le film où Keanu Reeves reprend un peu l’avantage, et on capte qu’elles sont pas tout à fait rassurées. Le fait même qu’elles se laissent conduire à quelques kilomètres le prouve d’ailleurs à mes yeux, c’était une méga prise de risque vis-à-vis de leur plan initial. Mais ce n’est pas sur le moment ce qui m’est venu à l’esprit, je l’accorde volontiers.

Knock knock lunécile

Gibet : Dans notre article de Halloween, tu disais que d’une certaine manière les films fantastiques sont plus efficaces pour susciter la peur que les films d’horreur ; avec ces deux films, on voit aussi que c’est plus facile de flipper devant un thriller. Tu penses que c’est dû à quoi ? Et du coup est-ce que le film d’horreur ultime que tu cherches il existe ? Je veux dire : est-ce que c’est possible en terme de genre qu’un film d’horreur réponde aux critères que tu as posés ?

Aloïs : Je pense que c’est dû à l’interprétation qu’on se fait du truc, par rapport à ce qu’on nous en dit. Dans le thriller, on reste en général dans le flou, on progresse pas à pas, ça créé quelque chose, une ambiance dans laquelle on s’immerge. Le film d’horreur l’impose d’office également, mais plus par rapport à des événements qu’on ne peut pas comprendre, ou qui n’ont pas forcément d’autre fondation que « être là au mauvais endroit au mauvais moment ». C’est limite trop abrupt, ça casse le réalisme, ce serait plus terrifiant si on se disait que ça peut exister. Certains films d’horreur, notamment ceux de James Wan pour citer du récent, s’emploient à développer une atmosphère propre à l’horreur, avec du jumpscare et du paranormal. Mais avoir peur, ça doit se poursuivre après le film, qu’on ait peur de se retourner en se disant « est-ce que y a un truc derrière moi ? ». À part se taper un visionnage seul à deux heures du mat dans une pièce sombre, on aura oublié pourquoi on a pu avoir peur sur le moment, si ce n’est pas réaliste. Ça ne nous parle pas directement, quand ça n’est pas réaliste. En ce qui concerne l’existence du film d’horreur ultime, tu me pousses un peu dans le piège à ours : non, il n’existe pas, et n’existera probablement jamais, à moins que je le tourne moi-même. La peur est quelque chose de très personnel. Faudrait arriver à créer une ambiance qui réponde exactement à mes attentes, avec une montée efficace, à un rythme qui me convient, tout en ponctuant la trame narrative par les trucs qui pourraient me faire flipper moi. J’ai d’ailleurs souvent fait l’expérience avec des amis, je leur demande ce qui leur ferait le plus peur dans un film d’horreur, la manière dont ça serait présenté, limite un peu l’histoire. En général, les gens savent quoi répondre, même si c’est pas hyper détaillé, j’ai jamais eu personne qui m’a dit « chais pas ». Perso je sais tout à fait le pitch du film d’horreur parfait pour moi, mais de ce fait, je ne le prends pas en considération dans mes critiques, ce qui n’aurait pas de sens puisque à partir de là, tous les films d’horreur seraient nuls, ou moyens grand max (alors que y en a quand même quelques uns que j’ai bien aimé !).

Gibet : Je te mets donc au défi de parler d’un film d’horreur que tu trouves bon la prochaine fois !!!!!!!!!!

Aloïs : Bordel, j’aurais dû m’y attendre.

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