Interview de Halima Slimani, actrice d’Authentik

Gibet, il avait l’air un peu crisprolls quand il m’a ramené cette interview, mais je crois pas que ça ait grand-chose à voir avec Authentik, la web-série en question – la web-série en question, elle est très fraîche, très bien jouée et globalement bien troussée dans le genre screwball comedy sauce NTM – on te la recommande tous, sans exception, c’est le genre de trucs qu’à l’instar de Kaamelott tu peux mater avec papa et vous riez ensemble réconciliés. Halima Slimani, elle y joue le rôle de Nawel, adorable brune, bonus franc-parler et balls grosses comme ça, du genre dont les garçons mous tombent amour – ok c’est bon je sais pourquoi il était crisprolls le Gibet.

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Gibet : C’est quoi ta formation ?

Halima : Depuis tout petite, je m’intéresse au cinéma. Je suis allée dans un lycée qui proposait l’option, j’y ai rencontré notamment Eric Deschamps, un réalisateur qui intervenait dans notre cours pour nous aider à préparer notre film du bac, il m’a recontacté après le lycée et j’ai commencé à faire un peu de régie sur des tournages. Un jour, par hasard, j’ai accompagné mon petit frère à un casting de Kechiche. J’ai retrouvé l’ambiance des plateaux de tournage et ça n’a fait que conforter mon envie. Finalement, à part un peu de théâtre plus jeune, je n’ai jamais été réellement formée au métier de comédienne.

Gibet : Ça t’a jamais posé de problème de légitimité ?

Halima : Non, dans le sens où je crois que c’est sur le terrain que t’apprends le plus de choses. Après c’est clair que ça ne te dispense pas de prendre des cours à côté et d’apprendre toujours plus en général parce que sans bosser y’a un moment donné où c’est pas suffisant et où t’avances pas.

Gibet : Pourquoi avoir choisi cette voie plutôt qu’une autre alors que tu semblais t’intéresser à tous les aspects du cinéma ?

Halima : Parce que c’est ce qui s’est présenté à moi disons, et que je me suis rendue compte que je kiffais ça. Je n’ai pas encore touché au reste du coup, je me contente pour le moment de m’y intéresser, mais ça viendra peut-être. Je me suis posé la question de m’orienter vers des études techniques. J’ai réalisé un petit film pour mon épreuve de bac avec une amie mais pas grand-chose de plus encore.

Gibet : Quels sont tes modèles ?

Halima : Disons qu’il y a les comédiens comme Catherine Deneuve que j’avais vue dans les films de Jacques Demy petite, qui te font rêver et qui forcément contribuent certainement à l’envie de faire du cinéma. Sinon j’admire beaucoup Vincent Lindon parce que c’est quelqu’un qui choisit ses films et qui a énormément de talent. Pareil pour Juliette Binoche. Dans les nouvelles têtes du cinéma français, j’aime beaucoup Tahar Rahim ou Sabrina Ouazani : ce sont non seulement de bons comédiens, mais on voit qu’ils font des films où ils s’éclatent et qui leur plaisent vraiment. Maintenant c’est sûr que c’est un luxe et qu’il faut un moment pour en arriver là mais bon, ça n’empêche pas certains, même déjà lancés, de tourner pour tourner… Je pense que c’est le pire dans ce métier : si tu kiffes pas chaque tournage, si tu bosses pas sur des projets qui te tiennent à cœur, je vois pas l’intérêt. J’ai aussi beaucoup de respect pour ceux qui s’essayent à la réalisation, comme Guillaume Canet ou Sara Forestier. Et j’avoue que je suis aussi une groupie qui se respecte depuis mes 8 ans : j’aime beaucoup Julia Roberts parce que même si elle a pas toujours tourné dans des chefs-d’œuvre, elle est toujours au top, ça s’explique pas.

Gibet : Tu rêverais de travailler avec qui ?

Halima : Avec des gens comme Jacques Audiard. Je crois qu’Un prophète fait partie de mes films préférés. J’aime ce genre de cinéma. Après dans un autre genre, j’aimerais bien me retrouver à tourner avec Fred Cavayé par exemple, je le trouve efficace dans son style, là où en général les Français ont du mal. Sinon (la question c’est avec qui je rêverais alors je ne me refuse rien) et sans originalité aucune, les mythes comme Clint Eastwood ou James Gray. Je suis aussi fan – dans un autre registre – des films de Christopher Nolan et Michael Mann dont j’adore la photographie.

Gibet : Est-ce que tu as actuellement des limites, que tu as l’impression de ne pouvoir dépasser qu’avec tel ou tel réalisateur ?

Halima : Je ne pense pas que les comédiens se disent « ça je veux pas le faire » d’avance. La question doit se poser quand c’est du concret. Disons qu’hors contexte, il y a plein de choses qui te bloqueraient et qui finalement se justifient si on t’offre un beau rôle. Du coup oui, ça dépend énormément de qui te dirige, enfin j’imagine, j’ai pas l’expérience pour pouvoir en juger mais c’est l’idée que je m’en fais : si t’as confiance dans le projet que te propose le réal, tu dois certainement te lancer quasi les yeux fermés alors que si d’emblée t’es pas dedans, forcément tes propres limites prendront le dessus. C’est comme dans la vie : tu te confierais pas forcément à un pote que t’apprécie mais qui est juste un pote de soirée alors qu’avec ton équipe tu sais que tu peux y aller.

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Gibet : Comment tu as rejoint la série Authentik ?

Halima : J’ai rencontré Anthony par hasard à Paris lors d’un atelier où j’avais rendez-vous avec mon agent. On a sympathisé et il m’a rappelé quelques temps plus tard pour me proposer d’interpréter le personnage de Nawel dans la série.

Gibet : Comment ça se passe un tournage d’Authentik ?

Halima : C’est assez préparé, on ne se détache généralement pas du texte une fois qu’il est bouclé, mais lors des répétitions, Anthony change pas mal de choses en fonction de notre façon de dire telle ou telle réplique. Il est directif, donc, mais à l’écoute de nos propositions. Un épisode en règle générale se tourne en une demi-journée (à raison de 3 ou 4 prises par plan le plus souvent). Parfois il tournait deux épisodes dans la même journée.

Gibet : Tu as d’autres projets en cours ?

Halima : Je vais tourner un teaser de film d’horreur très prochainement (ça va changer de Nawel pour le coup) et un projet de long aussi qui se met en place, en espérant que ce n’est que le début !

Gibet : D’après IMDb, tu serais dans La Vie d’Adèle. Je me suis repassé le film dans la tête six fois en long en large au ralenti x300 je t’ai pas trouvée. Tu y es vraiment ? Comment tu t’y es retrouvée ?

Halima : Oui j’y suis vraiment ! Enfin… À l’origine ! J’ai tourné une vingtaine de jours pour finalement constater à Cannes que je n’apparaissais pas dans le film. Comme je l’ai dit, à la base j’accompagnais mon frère : la directrice de casting m’a dit de passer aussi un essai, et finalement j’en ai passé 5 et me suis retrouvé dans cette aventure. Beaucoup de scènes tournées ne sont pas dans le film mais bon, quand on voit le nombre de rushes qu’il fait, ça paraît assez logique. Je n’étais présente que dans les scènes de lycée et beaucoup de passages n’apparaissent pas. Cela dit Adèle et Léa ont dû tourner encore plus de scènes coupées alors bon… Avec les images qu’il a, il pourrait sortir encore 12 chapitres de La Vie d’Adèle je crois ! C’est sa façon de travailler.

Gibet : Qu’est-ce que tu penses du film finalement ?

Halima : Je ne regrette absolument pas d’avoir participé à ce film parce que j’ai fait de super rencontres, j’ai pu voir en vrai ce que c’était un tournage avec Kechiche, et surtout je trouve le film magnifique, comme tous ses films. Personnellement j’aime beaucoup ce qu’il fait, c’est un artiste à part entière. La Vie d’Adèle est un très beau film qui mérite son succès, tout comme Adèle Exarchopoulos qui est une formidable comédienne. Cela dit mon petit favori de Kechiche reste L’Esquive.

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