Le Monde Perdu – Jurassic Park / Jurassic Park III

Le Monde Perdu – Jurassic Park : Quatre ans après le terrible fiasco de son Jurassic Park, le milliardaire John Hammond rappelle le Dr Ian Malcolm pour l’informer de son nouveau projet. Sur une île déserte, voisine du parc, vivent en liberté des centaines de dinosaures de toutes tailles et de toutes espèces. Ce sont des descendants des animaux clônes en laboratoire. D’abord réticent, Ian se décide à rejoindre le docteur quand il apprend que sa fiancée fait partie de l’expédition scientifique. Il ignore qu’une autre expédition qui n’a pas les mêmes buts est également en route.

Jurassic Park III : Huit ans après les événements surréalistes survenus lors de sa visite au Jurassic Park du richissime John Hammond, le paléontologue Alan Grant se rappelle toujours de sa rencontre, d’abord magique puis effroyable, avec ces dinosaures ramenés à la vie grâce aux incroyables progrès de la génétique. À l’origine, ces créatures de la Préhistoire n’étaient pas censées se reproduire ni survivre, mais elles ont déjoué les plans des scientifiques. Elles sont probablement toujours en vie sur l’île Isla Sorna.Alan étudie l’intelligence des vélociraptors. Cependant, il manque de subventions pour financer ses recherches. Paul Kirby et sa femme Amanda, un couple richissime, lui proposent alors une grosse somme d’argent s’il leur fait survoler la fameuse île. Alan accepte leur offre. Mais celui-ci flaire une entourloupe lorsque le pilote amorce sa descente sur l’île. Il découvre alors les vraies raisons de l’excursion organisée par les Kirby : sauver Eric, leur fils disparu dans les environs. Ces derniers avaient besoin de son aide, car il est le seul à connaître l’île et ses mystérieux occupants. Cependant, au moment où l’avion s’apprête à redécoller, un spinosaure tente de piétiner l’appareil…

Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, deux critiques pour le prix d’une ! Quelques jours après avoir parlé du premier volet de la franchise Jurassic Park à l’occasion de sa ressortie en 3D, je vais maintenant m’attarder sur les deux petits frères qui ont suivi. Je souhaite effectivement les présenter ensemble car il n’y a, à mon avis, pas matière, et pas mérite à les distinguer particulièrement (bon et aussi un peu de flemme de ma part). En effet, Le Monde Perdu et Jurassic Park III s’ajoutent à mon sens à l’interminable liste des suites dont on se serait bien passé.

Pourtant, à première vue, tout semblait fait et bien préparé pour que l’aventure Jurassic Parkse poursuive. Il y a évidemment eu le succès commercial que l’on connaît qui a été un argument de poids, prouvant ainsi que les maisons de production n’avaient pas plus d’imagination et de courage dans les années 90 qu’elles n’en ont aujourd’hui, mais aussi le cœur même de l’histoire, qui, en laissant en suspens une île remplie de dinosaures permettait toutes les suites possibles et imaginables. C’est ainsi que Steven Spielberg, déjà réalisateur du premier volet, et tenu par une obligation contractuelle, a repris du service pour Le Monde Perdu en 1997 et que Joe Johnston a pris sa suite en 2001 pour Jurassic Park III. L’objet de cet article est de démontrer, dans une perspective comparative avec le premier film, que ces suites n’ont fait que ternir l’image de la franchise.

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Décadence visuelle

À sa sortie, Jurassic Park avait littéralement renversé le public avec ses jump scares bougrement efficaces et le réalisme saisissant, pour l’époque, de ses dinosaures. Pour le spectateur de 1993, voir un Tyrannosaure sortir ainsi de sa forêt et bouffer tout sur son passage a dû être une expérience particulièrement saisissante, de l’ordre de celle offerte parStar Wars en son temps, c’est dire. Or, cet effet de surprise est déjà passé en 1997 lors de la sortie du Monde Perdu, ce qui, évidemment, rend ces chers dinosaures bien moins effrayants qu’ils ne l’étaient à l’époque. Et donc, sans grandes nouvelles idées, sans un véritable renouvellement, l’impression de déjà-vu s’installe et lasse le spectateur, qui pourra tout de même se délecter à la fin du Monde Perdu de voir un T-Rex se balader (le terme le plus exact serait défoncer) dans la ville de San Diego. Mais, au-delà de la redondance, les deux films dont il est question aujourd’hui présentent paradoxalement des esthétiques et des effets beaucoup moins aboutis que leur illustre prédécesseur, avec des budgets pourtant quasiment doubles, et l’avantage de disposer de moyens techniques supérieurs. On peut véritablement parler de descente aux enfers puisque si la patte de Spielberg sauve les apparences dans Le Monde Perdu (et encore), Jurassic Park III est de loin le pire en exhibant sans vergogne sa laideur numérique. On pourrait trouver ce jugement de 2013 un peu dur par rapport à des films qui ont plus de 10 ans, mais il n’est que le triste constat de la comparaison accablante avec le premier film.

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L’âme perdue

Le seul moyen de rendre une saga cohérente et attrayante sur plusieurs films c’est de respecter les postulats installés par le premier. Or, le premier Jurassic Park proposait une expérience amusante, proche de celle que l’on vit dans un train fantôme : un rythme très soutenu, des rebondissements multiples et malignement insérés aux bons moments, un montage dynamique, des situations funs et ludiques, bref, le bon blockbuster qui permet de passer un très bon moment. Et malheureusement, Le Monde Perdu, c’est tout l’inverse. Ce sont des séquences d’action littéralement interminables qui finissent par agacer tant elles en deviennent ridicules, des twists qui font plouf, une rupture de cet esprit fun avec des enjeux tirés par les cheveux, une moralisation omniprésente : tout ceci  plombe un film par ailleurs interminable… On en oublierait presque qu’on est devant un travail de Spielberg, un de ses plus mauvais, sans doute. Le réalisateur américain effectue ici un service minimum, avec deux ou trois bonnes idées, mais on sent qu’il n’en a clairement rien à battre. Pour Jurassic Park III, c’est un peu différent car on perçoit que Joe Johnston essaye tant bien que mal de renouer avec l’esprit original du premier volet. Mais, cette fois-ci, si le côté amusant est de retour par moments, c’est malgré tout le scénario faiblard qui prend le dessus en voulant à tout prix mettre des personnages ectoplasmiques dont on se fout éperdument dans les pires situations possibles, rejoignant ainsi les errements du Monde Perdu. L’écueil de ces deux films réside dans la recherche à tout prix de l’impressionnant au détriment de la surprise.

Mais la perte d’identité ne se vérifie pas que sur ce terrain. Force est de reconnaître que les personnages qui avaient fait une grande partie du charme du premier ont perdu leur attrait, que ce soit Jeff Goldblum dans Le Monde Perdu ou Sam Neil dans Jurassic Park III. Pour Jeff Goldblum, on avait quitté dans Jurassic Park un mathématicien charismatique, échevelé, dragueur, cynique, égocentrique pour retrouver dans Le Monde Perdu une sorte de froussard Papa-Poule plein de bons sentiments. Je n’ai toujours pas compris le pourquoi du comment. C’est l’autre larron, Sam Neil, que l’on retrouve dans Jurassic Park III, et il n’a pas l’air plus convaincu que le spectateur de la qualité du film qu’il est censé défendre. Il semble juste là pour que quelqu’un puisse s’écrier « Eh c’est le mec du premier film ! ». On n’aura rarement vu un héros aussi peu déterminant dans les moments-clés de l’intrigue.

En se trompant d’objectif et en faisant confiance à des scénarios mal ficelés, Le Monde Perduet Jurassic Park III font pâle figure aux côtés de leur célèbre ancêtre. Et, alors qu’un quatrième volet s’annonce, on peut toujours espérer que l’esprit du premier film ressurgisse, pour peu que les nouvelles techniques soient capables de nous offrir une nouvelle expérience et qu’on essaye enfin de nous faire sursauter, ou de nous faire rire.

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