Jurassic Park 3D

Ne pas réveiller le chat qui dort. C’est ce que le milliardaire Hammond aurait dû se rappeler avant de se lancer dans le «clonage» de dinosaures. C’est à partir d’une goutte de sang absorbée par un moustique fossilisé que John Hammond et son équipe ont réussi à faire naître une dizaine de dinosaures. Il s’apprête maintenant avec la complicité du docteur Alan Grant, paléontologue de renom, et de son amie Elie à ouvrir le plus grand parc à thème du monde. Mais c’était compter sans la cupidité et la malveillance de l’informaticien Dennis Nedry.

« La 3D, c’est un effet cheap qui permet aux distributeurs de faire payer les entrées plus chères aux spectateurs ». Cet adage, que je viens d’inventer de toute pièce, s’applique à beaucoup de films sortis ces dernières années. On pensera notamment à la saga Star Wars, qui a ressorti l’an passé l’Episode I, La Menace Fantôme, en relief, histoire de tirer un peu plus sur cet interminable chewing-gum. Bien sûr, la 3D connaît ses exceptions : on pensera à Avatar, tourné en 3D et qui remplit le contrat de « l’immersion » annoncée, ou encore plus récemment L’Odyssée de Pi, film multi-récompensé pour sa qualité technique, et il y aurait fort à parier que sa 3D n’y est pas étrangère.

Alors, forcément, à l’annonce de la ressortie de Jurassic Park en 3D, surgit la crainte de voir une autre franchise culte de blockbusters prise dans le terrible effet Star Wars.

Ainsi, vingt ans après sa sortie sur nos écrans, le film de Steven Spielberg connaîtra à partir du 1er mai une seconde vie au cinéma, en 3D. J’ai eu la chance d’assister à une projection privée cette semaine pour Lunécile. Voici, dans les grandes lignes, les points forts et les points faibles de l’aventure vue en relief.

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Une aventure remasterisée

Plus que la 3D, c’est surtout la qualité de l’image qui surprend de prime abord. Vous, comme tout le monde d’ailleurs, avez probablement un souvenir ému de l’image de Jurassic Park à travers votre VHS utilisée à peu près 57 fois. Or, par rapport à la première version Bluray (qui met déjà une mine à votre VHS) sortie il y a quelques années, le film a bénéficié d’un nouveau lifting qui ravive les couleurs, renforce la profondeur de champ et accentue la minutie des décors. Les 700 et quelques techniciens qui ont travaillé sur cette nouvelle version (et qui avaient déjà œuvré sur Titanic 3D) ont donc réalisé un travail assez exceptionnel qui permet au spectateur de redécouvrir un film qu’il pensait sans doute un peu kitsch.

À cette rénovation visuelle s’ajoute des effets sonores renforcés et purifiés qui rendent la sensation d’immersion plus spectaculaire encore.

Quid de la 3D ?

Un premier plaisir résidait donc pour moi dans le lifting visuel dont a bénéficié le film. Quant à la 3D, le bilan est plus mitigé. Même si l’on comprend que le film, par essence, avait tout pour s’enjoliver avec une conversion, celle-ci n’est pas absolument irréprochable. Loin d’être insupportablement épileptique comme pouvait l’être la 3D des époques sombres (genre Le Choc des Titans), elle n’est en revanche pas toujours très utile et on l’oublie finalement assez vite. En revanche, sur les quelques jump scares et les quelques plans larges que propose Jurassic Park, elle prend tout son sens en accentuant la tension et la dimension graphique des créatures. Autrement dit, pour cette nouvelle version, c’est la remasterisation, plus qu’un 3D se manifestant surtout comme un gadget amusant, qui marque le spectateur et justifie la ressortie du film.

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Une attraction dans l’attraction

Jurassic Park, au-delà de son action-aventure merveilleusement bien réalisée (Spielberg oblige, faut pas déconner), est surtout très ludique pour le spectateur. Comprenons-nous : les personnages évoluent dans un parc d’attraction en puissance qui permettra à ses visiteurs de voir de vrais dinosaures génétiquement recréés. Or, le film nous place dans ce statut de visiteur de parc d’attraction qui s’attend à être surpris, émerveillé, époustouflé. En ce sens, Jurassic Park agit comme un « train fantôme », pour reprendre l’expression bien trouvée de mon cher coloc’, en nous baladant dans ce parc et en maintenant un suspense constant : d’où va sortir la prochaine gueule de dinosaure qui va nous faire hurler ?

C’est ce qui confère à Jurassic Park, qu’on a plaisir à retrouver dans son nouvel apparat, un statut de film culte pour les grands enfants. Autrement dit, à moins d’être un très grand enfant, ou un très grand fan de Steven Spielberg, il y a peu de chances que vous soyez intéressés par cette nouvelle aventure de Jurassic Park. Parce que vous l’avez déjà vu et parce que, comme beaucoup de gens, vous aurez du mal à sortir dix boules juste pour le voir en 3D. Mais pensez quand même au pouvoir spectaculaire de l’alliage de la salle de cinéma et du train fantôme, deux des plus puissants aphrodisiaques et entremetteurs qui existent.

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