Marilyn Monroe, Nicki Minaj, 2012

En 2012, Nicki Minaj, que Wikipédia définit comme une « chanteuse, rappeuse américano-trinidadienne » (je précise car j’espère que tu as la présence de te tenir à l’écart des tops 50), sort un album intitulé Pink Friday: Roman Reloaded. Sa piste 15 est une chanson titrée Marilyn Monroe.

J’ai pour l’instant écrit seulement deux petits articles dans ma rubrique Marilyn Monroe. Mais déjà en deux petits articles, j’ai eu le temps d’évoquer un cliché que l’on colle tout le temps sur le divin derrière de la Marilyn : l’actrice serait rongée par une dualité indépassable, un lot de contradictions impossible à vivre. C’est la cruche apparente qui cache au fond d’elle une spirituelle. C’est la star glamour qui n’est en réalité qu’un moineau fragile. C’est celle qui fait bander le monde entier pour mieux dissimuler qu’elle n’est qu’une enfant. Je le répète : tout ça c’est très très fastoche.

Dire d’un personnage qu’il contient des contradictions, c’est ce qu’on fait quand on a rien à en dire. Cette affirmation ne nous dit rien de la singularité du perso en question car, l’humanité étant complexe, tout le monde, depuis toujours, contient des contradictions. Cette affirmation, en fait, revient à dire, dans un geste similaire aux magazines people qui, quel que soit le talent de la personne visée, ne cadrent que sa cellulite ou ses poignées du love, « ce perso que tu admires est COMME TOUT LE MONDE » – de là à dire que ce perso ne mérite pas l’admiration que tu lui portes… Drôle de démarche donc que celle qui consiste à se vendre sur un nom qu’on va s’affairer à anonymer. Clairement, ce n’est pas ce que je cherche quand j’ouvre un livre ou lance un film sur Marilyn Monroe. Je ne veux pas m’y retrouver, je veux pouvoir y considérer et reconsidérer ce que, chez elle, je trouve inspirant, ce qui me pousse à sortir hors de moi, à vouloir être plus grand. C’est triste, beaucoup des créations qui essaient de capter l’essence de Marilyn ne vont jamais beaucoup plus loin que ce que je décris. C’est certainement que Marilyn Monroe est une marque et qu’il est très facile de fabriquer vite fait un bouquin artificiel, construit sur ces pseudo-paradoxes qui donnent l’illusion d’une véritable réflexion, pour écouler du papelard.

« Tu digresses, mon petit, tu digresses » me dirais-tu si tu étais en train de lire par dessus mon épaule, ce qui, par ailleurs, te vaudrait un gros pain dans la gueule. Je digresse que dalle : ce dont je viens de parler, on le retrouve totalement dans la chanson de Nicki Minaj. On le retrouve à 250%, poussé à l’extrême, vidé de toute substance.

De la dualité ? En veux-tu, en voilà ! «  I can get low, I can get low / Don’t know which way is up / Yea I can get high, I can get high / Like I could never come down ». Bordel mais c’est un chiasme en plus ! C’est très fort ! C’est comme si c’était une chose et son reflet ! Et bien malin celui qui saura distinguer le reflet de la chose ! « Call it a curse / Or just call me blessed / If you can’t handle my worst / You ain’t getting my best ». Tu vois comme les contraires viennent se cogner en fin de vers ? Et pourtant, ils renvoient tous à une seule et même personne ! Certainement pas à Nicki Minaj elle-même – souviens-toi, toute oeuvre « est le produit d’un autre moi que celui que nous manifestons dans nos habitudes, dans la société, dans nos vices » Proust says – mais au moins à ce que certains critiques appellent le « je du poème » ! Et tout ça converge vers le refrain : « Is this how Marilyn Monroe felt felt felt felt? / Must be how Marilyn Monroe felt felt felt felt ». CQFD, tu crois pas ? Les couplets sont tellement banals que le recours à l’artiste qui donne pourtant son nom à la chanson devient inutile. Les couplets pourraient s’appliquer à absolument n’importe qui. Et d’ailleurs ils auraient mieux de s’appliquer à quelqu’un d’autre parce qu’en terme de rythmique Marilyn Monroe ça rentre pas du tout dans la phrase, Minaj sprinte sur son nom pour que ça rentre dans les mesures. SI ON EST PAS AU CONFLUENT DES PIRES ARTIFICES, branche Google Map car je suis paumé. Mais bon, relativisons, tout ça c’est pas grave ! Après tout, ça n’a pas d’autre ambition que d’être une bonne petite chanson pop agréable à écouter !

 Ah bah non, ça non plus ça marche pas.

 Voici ce que je te propose : je vais pas développer plus sur le sujet, ça servirait pas à grand-chose ; à la place, je te livre ma réinterprétation de l’œuvre de Minaj, qui, j’ose l’espérer, sera bien plus significative que dix pages d’analyse annotées.

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