La trilogie Super Noël

Super Noël, John Pasquin, 1994

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Gibet : Il me semble important de commencer par dire que, effectivement, c’est nul, mais plutôt moyen nul que nul nul, et, du coup, je me demande si c’est pas exagéré de le qualifier de « pire film de Noël » ; je suis à peu près sûr qu’on peut trouver des trucs vraiment catastrophiques et pas juste bof.

Lunécile : C’est vrai. C’est pas insupportable la plupart du temps.

Gibet : C’est le genre de films – enfin surtout le 2 – qu’il faut surtout pas voir au cinéma, mais qui passe plutôt bien un dimanche aprèm avant Noël alors que tu sais pas trop quoi foutre en attendant le Réveillon.

Lunécile : En buvant du chocolat chaud ! En plus, c’est un peu long à démarrer, donc t’as le temps d’aller rechercher des gâteaux. Une fois que t’as compris que Tim Allen c’est un mauvais papa qui devient le Père Noël, tu peux regarder d’un demi-oeil en jouant à La Bonne Paye.

Gibet : Tu dis « c’est un peu long à démarrer », moi je trouve que ça démarre même jamais. Ils mettent trois plombes à en arriver au truc de « oh ! je me transforme en Père Noël ! » et ensuite ça tourne en boucle sur le truc du gamin qui arrête pas répéter « mon papa c’est le Père Noël ».

Lunécile : C’est pas ma faute si je suis confuse de la chronologie, on comprend rien au passage du temps dans le film. Entre le premier et le deuxième Noël, on nous montre des choses qu’on situe pas du tout dans le temps et quand le deuxième Noël arrive, on est étonné. Les ellipses sont mal faites et on se croit toujours quelques jours après le premier Noël quand le deuxième Noël arrive.

Gibet : Je sais pas si les gens vont comprendre mais c’est pas ta faute, c’est le film qui est bordélique. C’est pas le seul truc qui fonctionne pas dans l’écriture, d’ailleurs. Déjà, un univers où le Père Noël existe vraiment et où les parents ne sont pas au courant, moi, ÇA NE PASSE PAS. Ça veut dire tous les parents du monde se lèvent le 25 et voient des cadeaux qu’ils ont pas acheté au pied du sapin et se disent « Tiens ! On a dû se faire cambrioler par un mec sympa ! » ?

Lunécile : Et la manière de résoudre l’intrigue est trop débile. « Ah ouais ? Tu fais semblant d’être le Père Noël pour que notre fils t’aime plus ? Je t’enlève ton droit de visite ! T’es vraiment un psychopathe ! ». Plus tard, Tim Allen revient. Son ex-femme le regarde dans les yeux, et crie à son nouveau mec « Oh Neil, regarde, c’est vraiment lui, c’est vraiment le Père Noël ! ». C’est bien connu, il suffit de regarder ton ex-mari que tu hais dans les yeux pour se rendre compte de sa vraie nature. Mon ex à moi, c’était une licorne, en fait. Sinon, il y a une autre incohérence : la mum et son nouveau copain ont arrêté de croire au Père Noël l’année où ils n’ont pas eu ce qu’ils voulaient. À la fin du film, Tim Allen Noël leur offre ces fameux jouets. Voici comment je m’imagine l’écriture du film : « Hum, c’est pas très logique, le Père Noël d’avant aurait pu leur apporter ces cadeaux quand ils étaient petits. Oh ben on s’en fout, c’est pour les enfants, ils remarqueront rien. »

Gibet : Exactement, je suis sûr qu’ils ont tout laissé passer parce qu’ils se disaient « on s’en fiche, c’est un film pour enfants ». Mais moi je me souviens assez précisément de ce qui me faisait kiffer quand j’étais petit et Super Noël ça m’aurait saoulé. Ça promet de la magie et du rigolo, et finalement, les gags et le merveilleux, c’est 10% du film. Allez, 15%.

Lunécile : C’est ces 10% qui font que c’est un film moyen nul et pas atroce. Mais quand on suit Tim Allen au Pôle Nord, on est pas franchement enchanté par ce qu’on voit. Les décors sont plutôt laids, et les lutins pas du tout convaincants. C’est juste des enfants avec des maladresses d’enfant et des oreilles pointues.

Gibet : Et les effets spéciaux sont bien laids. Genre quand Tim Allen saute dans une cheminée pour la première fois, c’est ridicule. Bref, ça veut dire que ça remplit même pas sa mission niveau merveilleux. Et niveau gags, on est pas beaucoup mieux servis. Y’a quelques trucs drôles, genre le truc des papas divorcés qui se retrouvent tous la queue entre les jambes au restaurant le 24 parce qu’ils ont raté leur dinde, ou les vannes contre Neil (parce que c’est lourd les psychologues faut avouer hihi) mais à part ça…

Lunécile : Certains gags sont bien oui, mais les blagues de prout et Tim Allen qui est censé faire rire en commandant plein de bouffe au travail, c’est pas terrible. C’est pas assez, en fait. Je vois pas ce qu’il y a de mal à prendre trois desserts !

Gibet : C’est surtout que c’est amené n’importe comment. Pourquoi il y a un serveur de grand restaurant avec des menus à la main dans leur salle de réunion ? C’est n’importe quoi, on sent que les scénaristes se sont creusés fort la tête pour trouver une situation où Tim Allen pourrait commander plein de bouffe mais qu’ils ont vite abandonné. Ils ont fait un lot, en gros.

Lunécile : Et j’insiste, il fait pas une commande si énorme que ça, ils ont voulu créer du décalage parce que ses collègues ne mangent qu’une demie salade, mais c’est pas très crédible non plus. En plus, le patron qui réprimande Tim pour son alimentation est presque aussi gros que lui. Bref, c’était juste pour dire que c’était vraiment mal amené, en effet.

Gibet : Pour finir, j’ai envie de parler deux minutes du jeu d’acteurs. À l’image du film, c’est très moyen, sauf quand c’est lourd (genre le gamin, qui est très pénible avec ses geignements perpétuels). Le mec qui fait Neil est plutôt bien parce qu’il est volontairement désagréable. Par contre Tim Allen a pas la carrure d’un grand acteur comique, style Jim Carrey ou Will Ferrell ou Steve Carell (oh putain, Carell c’est une synthèse de Carrey et Ferrell !), qu’arrivent à transformer les bouses dans lesquelles il joue en films potables par leur simple présence.

Lunécile : Je suis plus indulgente que toi avec le gamin, je l’ai trouvé mimi une fois ou deux. Le mec qui fait Neil se débrouille très bien oui, et j’ai l’impression d’avoir vu Tim Allen jouer comme ça dans plein d’autres films, c’est pas le roi de la nuance.

Hyper Noël, Michael Lembeck, 2002

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Gibet : Faut déjà noter qu’il y a huit ans entre les deux films ; on comprend pas trop pourquoi ils ont ressorti ça de leur carton alors que s’ils ont pas fait une suite direct, ça veut dire que ça a pas si bien marché. Tu penses que Tim Allen était au chômage alors il est allé supplier Disney ?

Lunécile : J’avais oublié que c’était Disney. C’est pas très esprit Disney, si ? Mesdames et messieurs, rencontrez Hyper Noël ou l’Exception : une des rares suites de film qui est meilleure que le premier opus. On a pas le droit à un chef-d’œuvre pour autant, mais j’ai regardé avec assez de plaisir. Cette-fois ci, tu peux regarder d’un œil entier.

Gibet : Bin si, c’est un peu esprit Disney. Parce que Disney, à côté de leurs dessins animés très plébiscités, ils produisent aussi tout un tas de films pas d’animation tout pourris et opportunistes. Mais oui, Hyper Noël, c’est le meilleur de la trilogie ; là, c’est satisfaisant d’un point de vue merveilleux, les effets spéciaux sont mieux foutus – genre la poursuite dans les airs à la fin entre le Robot Santa et le vrai Santa est crédible – et les mecs au scénario s’amusent à jouer avec leur univers en créant le Comité des Légendes Vivantes (je sais plus comment ça s’appelle mais c’est une association avec la Fée des Dents, Mère Nature, le Lapin de Pâques, etc.) – c’est une idée qui m’aurait beaucoup plu quand j’étais petit, un cross-over de bonshommes imaginaires.

Lunécile : Oh oui j’aurais adoré aussi. Comme quand les Fraggle Rock rencontrent les Muppets. En moins bien. Il y a quand même une grosse incohérence sur le point de départ du film : Santa doit se marier ou il ne sera plus Santa. Les elfes découvrent ça sur le « contrat » de Père Noël. Bon, déjà, les elfes ont tous neuf cents balais, ils devraient le savoir depuis le temps. Ensuite, on sait pas trop combien de temps a passé depuis le premier film, mais à peu près huit ans si on se base sur l’âge de Charlie qui est passé de gamin de six ans à ado. Pourquoi maintenant ? Il n’est précisé nulle part que le Père Noël avait droit à huit ans, mais comme on reprend l’histoire là, on décide qu’il ne lui reste qu’un mois. Come on.

Gibet : Et surtout… Il était pas marié au moment où il est devenu le Père Noël ! Ils sont vraiment culottés de contredire complètement tout ce qu’ils ont raconté dans le 1. Donc, oui, bien sûr, y’a toujours des aberrations dans Hyper Noël mais c’est plus tolérable. Je pense au moment mélo où le fils engueule son père car il souffre d’être le fils du Père Noël. La grosse blague. Genre c’est une souffrance insurmontable de pas pouvoir dire le métier de ton père. « Les autres enfants, ils peuvent dire mon père est plombier, mais moi je suis obligé de me taire ! BOUHOUHOU ! » Pour reprendre tes mots : come on.

Lunécile : Bref, ce film est un peu bien.

Super Noël 3 : Méga Givré, Michael Lembeck, 2006

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Gibet : Barf. Je sais pas trop quoi en dire. Pour faire une hiérarchie, à mon sens, c’est mieux que le 1 parce que c’est pas crevard niveau fantastique mais pire que le 2 car c’est carrément lourd. On dirait qu’ils ont compris que le 2 était bien meilleur que le 1 et qu’ils ont essayé de refaire la même chose… mais en se plantant carrément dans la recette. Je crois que t’as plus de choses à dire, je te laisse la parole.

Lunécile : Je vais juste faire une liste des choses qui m’embêtent parce que le film mérite pas mieux : la meuf qui fait Mme Santa passe de personnage acceptable dans Hyper Noël à personnage complètement nul et inconsistant dans celui-ci (l’actrice a aucune fierté, elle a aussi joué dans Lost), le méchant Jack Frost est hyper lourd ridicule insupportable et a rien que pour lui des séquences trop longues qui servent à rien (par exemple y’a une séquence où il sympathise avec la belle-mère du Père Noël pendant quatre minutes et c’est complètement inutile sur tous les plans), tous les nouveaux persos sont plats et aplatissent ceux qui étaient déjà là – merci pour le fer à repasser, M. Lembeck !, l’astuce qui consiste à transformer le Pôle Nord en Canada pour que les beaux-parents captent pas que c’est l’Atelier du Père Noël est mal faite et pas drôle du tout alors que c’est un moyen trop facile de générer du gag… Tiens, je finis même pas la liste tellement c’est nul. D’ailleurs, c’était tellement nul qu’on a regardé la deuxième moitié du film en diagonale, en cliquant au hasard dans la timeline.

Gibet : Il fallait pas le dire, maintenant notre crédibilité critique va en prendre un coup.

Lunécile : JE M’EN FOUS, C’EST TROP NUL !

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